Le Saint-Siège et l’Ukraine espèrent améliorer leurs relations
Rome: Visite au Vatican du président Iouchtchenko
Rome, 1er juin 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu lundi matin au Vatican le président ukrainien Viktor Iouchtchenko. Au cours de sa visite au Vatican, le président ukrainien s’est particulièrement entretenu plus d’une vingtaine de minutes avec Benoît XVI.
«La volonté de trouver des solutions aux questions encore ouvertes entre l’Etat et l’Eglise» a été au centre des échanges, comme l’a indiqué ensuite un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège.
Ces «questions encore ouvertes» peuvent faire référence à celles de l’Eglise gréco-catholique, dite uniate, une institution particulière qui, tout en dépendant de l’Eglise romaine, conserve des traits communs avec les orthodoxes tels que l’utilisation de la liturgie byzantine et la possibilité pour les hommes mariés de devenir prêtres.
Une autre question serait le projet d’un patriarcat uniate en Ukraine, qui fait l’objet de controverses tant chez les catholiques que dans l’Eglise orthodoxe.
Cependant, «les bons rapports existant entre l’Ukraine et le Saint-Siège» ont été mis en évidence, tout comme «les perspectives d’approfondissement de la collaboration dans le domaine culturel et social».
Le communiqué a également rapporté la «contribution (…) de l’Eglise catholique à la société ukrainienne pour l’éducation aux valeurs chrétiennes et à leur diffusion et l’importance du dialogue entre les chrétiens pour promouvoir l’unité».
Les deux hommes se sont entretenus un peu plus d’une vingtaine de minutes accompagnés de deux interprètes, ont constaté des journalistes présents sur place. Puis, Viktor Iouchtchenko a présenté son épouse au pape ainsi que les 10 personnes qui l’accompagnaient, dont le vice Premier ministre Ivan Vasyunyk.
Avant de rencontrer le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, et de visiter le Vatican, dont la basilique Saint-Pierre et la Chapelle Sixtine, le président ukrainien a procédé au traditionnel échange de cadeaux avec le pape. Viktor Iouchtchenko a offert à Benoît XVI un buste en marbre blanc représentant le souverain pontife. Quant au pape, il a offert au président ukrainien la traditionnelle médaille de son pontificat ainsi qu’une reproduction d’une gravure du 17e siècle représentant la place et la basilique Saint-Pierre.
Né en février 1954, marié et père de 5 enfants, Viktor Iouchtchenko a été Premier ministre de 1999 à 2001, après avoir travaillé dans la finance. En 2004, il s’est présenté comme candidat indépendant à la présidence de la République face au Premier ministre Viktor Ianoukovytch et a été élu à la tête de l’Etat ukrainien après des élections mouvementées ayant donné lieu à la ’Révolution orangé, manifestation pacifique en sa faveur.
L’Ukraine compte quelque 46 millions d’habitants, dont 50 % d’orthodoxes rattachés au Patriarcat de Kiev et 26 % d’orthodoxes rattachés au Patriarcat de Moscou. L’Eglise orthodoxe autocéphale forme quant à elle 7 % de la population. Les uniates (gréco-catholiques) représentent 8 % de la population. Ils soutiennent le président Iouchtchenko alors que l’ancien Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch est soutenu, lui, par l’Eglise orthodoxe fidèle au patriarcat de Moscou. On compte enfin 2 % de catholiques romains.
Le projet d’un patriarcat uniate en Ukraine
Depuis des temps immémoriaux, l’Eglise catholique orientale ukrainienne demande avec insistance au Saint-Siège l’élévation de son archevêché au rang de patriarcat. Mais les orthodoxes russes voient d’un très mauvais oeil cette réforme qu’ils considèrent comme la marque d’un prosélytisme catholique avancé. La question divise la curie romaine, car elle pourrait remettre en cause le dialogue oecuménique avec l’Eglise orthodoxe.
L’opposition virulente de l’Eglise orthodoxe russe au projet de création d’un patriarcat des grecs-catholiques suscite, entre autres, la colère des nationalistes ukrainiens, qui craignent de voir le Saint-Siège céder aux demandes de Moscou sur le sort de l’une des Eglises du pays.
Le projet d’un patriarcat uniate en Ukraine a fait l’objet de controverses tant dans le monde catholique que chez les orthodoxes. Suite au voyage en Russie du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, en février 2004, une commission mixte composée de catholiques et d’orthodoxes a été mise en place pour étudier et trouver des solutions aux points d’achoppement entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise romaine, en particulier sur la question du patriarcat ukrainien. (apic/imedia/ami/lb/pr)



