Ordinations d’homosexuels, un nouveau défi oecuménique
Rome: Visite de l’archevêque de Cantorbéry au Vatican
Rome, 5 octobre 2003 (Apic) Le cardinal Walter Kasper a abordé la question de l’ordination des homosexuels avec le chef de la Communion anglicane, le 3 octobre 2003 en recevant l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams. Le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a notamment fait part de sa préoccupation, soulignant qu’une telle décision pourrait avoir des conséquences sur le dialogue oecuménique.
Intervenant sur les ondes de Radio Vatican à l’issue de son audience avec l’archevêque Williams, le cardinal Kasper a affirmé avoir abordé «les conflits et les tensions qui ont émergé ces derniers mois à l’intérieur de la Communion anglicane». Depuis l’arrivée de Rowan Williams à la tête de l’Eglise d’Angleterre, le 27 février dernier, les polémiques ont surgi au grand jour. En effet, ce dernier est connu pour être favorable à l’ordination des prêtres homosexuels.
«Je lui ai fait part de ma préoccupation parce que ce n’est pas seulement un problème interne à la Communion anglicane, mais aussi un problème qui touche nos relations», a déclaré le cardinal allemand Walter Kasper. «Nous, en effet, nous avons une position claire qui est celle exprimée dans le Catéchisme de l’Eglise catholique». «Nous avons aussi une tradition, un héritage commun sur ce point».
Le prélat chargé au Vatican des relations avec les chrétiens souhaite donc que les anglicans «n’abandonnent pas cette tradition». «J’ai exprimé à Rowan Williams mon désir qu’il soit capable de trouver une bonne solution pour la Communion anglicane et qui n’y ait pas de répercussion sur ses rapports avec notre Eglise».
L’archevêque de Canterbury a rappelé au cardinal Kasper la tenue d’une rencontre extraordinaire de tous les primats anglicans, les 15 et 16 octobre prochains. Celle-ci a été convoquée après que certains d’entre eux aient menacé le leader anglican de se séparer de l’Eglise d’Angleterre s’il autorisait officiellement l’ordination des homosexuels.
Une visite devenue une habitude
Rowan Williams devait en outre rencontrer Jean-Paul II dans la matinée du 4 octobre. Il s’agit de la première rencontre du 104e archevêque de Canterbury avec le pape. Son prédécesseur, George Carey, s’était rendu à Rome à six reprises, au cours de ses onze années de mandat. Le premier archevêque à avoir rencontré un pape, depuis les temps de la Réforme, fut Geoffrey Fisher, le 2 décembre 1960, qui rencontra en privé Jean XXIII. Après lui, ce furent Michael Ramsey en 1966 et Donald Coggan en 1977, qui rencontrèrent Paul VI, puis Robert Runcie, qui vint au Vatican en 1982 et 1989.
La séparation de l’Eglise d’Angleterre d’avec Rome remonte au XVIe siècle, lorsque le pape Clément VII, refusa de prononcer la nullité de mariage du roi Henri VIII. Ce dernier se fit alors proclamer chef de cette Eglise par l’assemblée de son clergé, en 1531.
Aujourd’hui, les 38 Eglises anglicanes, principalement présentes en Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Afrique, sont autonomes, mais elles sont réunies officiellement sous le nom de Communion anglicane. Celle-ci compte au total près de 70 millions de fidèles présents dans 160 pays. Leur chef spirituel «symbolique» est l’archevêque de Canterbury. (apic/imedia/sh)



