Atmosphère cordiale pour cette 3e rencontre
Rome: Visite de la reine d’Angleterre au pape
Rome, 17 octobre 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a reçu mardi matin 17 octobre en audience la reine d’Angleterre Elisabeth, accompagnée de son mari le prince Philippe d’Edimbourg.
«Quel plaisir de vous revoir !» a lancé la reine – vêtue de noir – en saluant le pape à l’entrée de sa bibliothèque, au troisième étage du Palais apostolique. «La dernière fois, c’était à Buckingham Palace n’est-ce pas !». Il s’agissait en effet de la troisième rencontre de Jean Paul II et d’Elisabeth II, les deux premières ayant eu lieu l’une au Vatican le 17 octobre 1980, et l’autre à Londres le 28 mai 1982.
L’entretien entre la reine et le pape a duré quelque 20 minutes. Jean Paul II et la reine ont ensuite procédé, dans une atmosphère cordiale, à un échange de cadeaux et de discours. Elisabeth II a ainsi offert au pape des gravures du peintre vénitien Canaletto, provenant de sa bibliothèque du château de Windsor, tandis que le pape lui remettait la reproduction d’un manuscrit du Nouveau Testament du XIIIème siècle.
Visite «significative»
Dans son discours au pape Elisabeth II a qualifié sa visite au Vatican de «particulièrement significative» du fait qu’elle se déroule pendant l’année du jubilé. Une année, a-t-elle souligné, dont l’un des thèmes est «la réconciliation entre les différentes cultures et les communautés de foi». La reine a donc exprimé sa satisfaction de voir le «progrès important qui a été fait dans le dépassement des différences historiques entre les anglicans et les catholiques romains», en évoquant à ce sujet la rencontre entre les évêques des deux confessions qui a eu lieu au Canada au mois de mai dernier. «Je suis sûre que nous continuerons à avancer sur le chemin qui conduit à l’unité chrétienne», a-t-elle estimé.
Elisabeth II a également abordé dans son discours les «progrès» du processus de paix entre les communautés catholiques et protestantes d’Irlande du Nord, en remerciant Jean Paul II pour sa contribution dans ce domaine. «Beaucoup partagent un sentiment de réel espoir à présent, a-t-elle assuré à ce propos, même s’il y a encore beaucoup à faire». «La religion, a encore commenté la reine, peut être parfois une source de division, mais peut être également une source de guérison puissante».
Héritage commun
Dans son discours à la reine, Jean Paul II a pour sa part rappelé que les relations entre le Saint-Siège et le Royaume-Uni «n’ont pas toujours été troublées». «De longues années d’héritage commun ont précédé les tristes années de division, a-t-il fait remarquer. Mais au cours de ces dernières années, une cordialité plus proche de l’harmonie d’autrefois est apparue entre nous, a-t-il insisté, exprimant de façon plus authentique nos racines spirituelles communes». «Il ne peut pas y avoir de retour en arrière face au but œcuménique que nous avons nous-mêmes fixé pour obéir au commandement du Seigneur», a assuré le pape.
Jean-Paul II a évoqué d’autre part à l’intention de la reine d’Angleterre l’importance de la construction de l’unité de l’Europe. «L’Europe ne pourra être une tentative viable et digne d’intérêt que si l’on préserve et que l’on remet en vigueur les plus hauts idéaux et réalisations de son héritage, a-t-il affirmé, que ce soit dans les domaines politique, législatif, artistique, culturel, moral et spirituel».
Le pape et la reine ont constaté leur convergence sur le problème de l’allégement de la dette internationale des pays pauvres.
La reine d’Angleterre a ensuite été reçue par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, avant d’aller visiter la chapelle Sixtine. (apic/imed/cb/pr)



