Volonté affichée de poursuivre les négociations
Rome: Visite du ministre israélien des Affaires Etrangères au Vatican
Rome, 15 août 2000 (APIC) Le ministre israélien de la Sécurité publique, Shlomo Ben Ami, ministre des Affaires Etrangères par interim, s’est entretenu le 14 août pendant une heure avec Mgr Jean-Louis Tauran, Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, lors d’un «échange de vues» sur le processus de paix au Moyen-Orient, et en particulier sur le récent sommet de Camp David.
D’après la déclaration officielle du Saint-Siège, le ministre israélien a fait part à Mgr Tauran de «la volonté du gouvernement israélien de poursuivre les négociations malgré les difficultés, et de favoriser le dialogue avec l’Autorité palestinienne, y compris avec l’aide de la communauté internationale».
Mgr Tauran a rappelé pour sa part au ministre israélien ce que le Saint-Siège considère comme deux «exigences indispensables pour mettre fin aux situations d’injustice et d’insécurité», à savoir le «respect du droit international de la part de tous, en particulier des Résolutions des Nations-Unies», et les «droits et devoirs égaux pour tous les peuples de la région».
Situation «fâcheuse» à Nazareth
Le communiqué officiel du Saint-Siège précise par ailleurs qu’une partie de la conversation a porté sur la protection des Lieux Saints des trois grandes religions présentes en Terre Sainte, et notamment des sites de la ville de Jérusalem. Pour le Saint-Siège, ils «constituent un patrimoine sacré pour tous les croyants et ont une valeur universelle». Mgr Tauran a enfin exprimé sa «vive préoccupation» concernant la «situation fâcheuse» qui se prolonge à Nazareth à cause du projet de construction d’une mosquée en face de la basilique de l’Annonciation, autorisée par le gouvernement israélien.
S’adressant aux journalistes lors d’une conférence de presse après sa rencontre avec Mgr Tauran, le ministre Shlomo Ben Ami a qualifié l’entretien qu’il a eu au Vatican de «très agréable». «Nous avons beaucoup parlé de Jérusalem, a-t-il précisé, en passant en revue les éléments qui entrent en ligne de compte dans la recherche d’un accord à ce sujet. J’ai été heureux de découvrir que le Saint-Siège a un point de vue très positif sur la liberté de culte qui existe à Jérusalem depuis 1967».
Esplanade des mosquées
Mgr Tauran a souligné que le Saint-Siège «ne se considérait pas comme partie prenante des négociations, mais voulait voir les sensibilités et les intérêts des chrétiens de Jérusalem davantage pris en considération». Shlomo Ben Ami a insisté sur le désir du gouvernement israélien «d’avoir plus de contacts avec les responsables des Eglises chrétiennes à ce sujet». Il s’est dit d’autre part «satisfait» de voir que «le Saint-Siège ne souhaitait pas l’internationalisation de Jérusalem, mais des garanties pour ses lieux de culte».
«Le Saint-Siège est préoccupé par la sécurité et la liberté religieuse, a-t-il ajouté. Nos positions convergent sur plusieurs points». D’après le ministre israélien des Affaires étrangères, il a été proposé aux Palestiniens de placer l’esplanade des mosquées de Jérusalem sous une protection internationale, garantie par exemple par le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies. «Nous pensions que cela aurait pu être une base pour poursuivre les négociations, mais ils ont refusé cette proposition», a-t-il ajouté. (apic/imedia/mjp)




