Rome: Vives critiques du cardinal Kasper contre les orthodoxes russes

Les orthodoxes ne seront «pas capable d’affronter le futur

Rome, 14 mars 2002 (APIC) Un mois après la suspension des relations entre Rome et Moscou, le cardinal Kasper reproche aux orthodoxes russes de réagir «idéologiquement».

Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, réagit en effet à la décision du patriarcat de Moscou de suspendre ses relations avec Rome, dans un article de la revue italienne jésuite «La Civiltà Cattolica» à paraître le 16 mars 2002. Reprochant aux orthodoxes de Russie de réagir «idéologiquement», il demande toutefois aux catholiques «un peu de patience» car la position actuelle orthodoxe «ne sera pas capable d’affronter le futur».

Avec l’érection des quatre administrations apostoliques russes en diocèses, le 11 février dernier, le patriarcat de Moscou avait annoncé quelques jours plus tard la suspension des relations officielles qu’il entretenait avec le Saint-Siège, ainsi que la visite du cardinal Kasper, prévue à la fin du même mois. Pour les responsables orthodoxes, cette décision vaticane était une «provocation» et une volonté de prosélytisme de la part des catholiques.

«Il est devenu clair que derrière le débat sur le principe du territoire canonique et du prosélytisme, se cachent des argumentations de nature substantiellement idéologique», affirme le cardinal Kasper dans son article. En effet, selon lui, l’Eglise orthodoxe russe «défend non seulement une réalité qui désormais n’existe plus, mais aussi une relation entre l’Eglise et le peuple qui est problématique sur le plan théologique». Il critique en outre une «hérésie ecclésiologique» consistant à «ne pas reconnaître à l’Eglise catholique sa dimension missionnaire au nom d’un concept de prosélytisme indûment amplifié dans sa signification».

Mais pour le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, la réaction de l’Eglise orthodoxe russe peut s’expliquer par le fait qu’elle «ressent ses propres faiblesses pastorales et évangélisatrices, craignant ainsi une présence catholique essentiellement plus efficace au niveau pastoral, bien que réduite au plan numérique». «Certains catholiques sont bien sûr parfois trop zélés, mais on trouve ce genre de personnes aussi dans l’Eglise orthodoxe comme dans toutes les autres Eglises», précise-t- il.

A la recherche de leur place

Après une longue période d’oppression communiste, ajoute le cardinal dans l’article, «l’Eglise orthodoxe russe se retrouve face au monde moderne pluraliste. On comprend qu’elle soit encore à la recherche de sa place», affirme-t-il, mais «cela exige de la patience de notre part». Reconnaissant ainsi une certaine «cohérence» dans la position orthodoxe, il précise toutefois qu’elle ne permettra pas «d’affronter le futur». «Ils feraient mieux de reprendre le dialogue avec l’Eglise catholique et de sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. L’Eglise catholique est prête à ce dialogue et est disposée à collaborer», conclut-il, faisant appel à «un peu de bonne volonté». (apic/imed/pr)

14 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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