Visite sous le feu de la critique du patriarche Alexis II
Rome: Vladimir Poutine rencontrera Jean Paul II le 5 novembre au soir
Rome, 30 octobre 2003 (Apic) Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, rencontrera le pape Jean Paul II le 5 novembre 2003 à 18h dans le Palais apostolique du Vatican. Une visite qui est d’ores et déjà sous le feu de la critique du patriarche orthodoxe russe Alexis II.
Dans une interview publiée mercredi par le quotidien «Izvestia», il relève qu’on ne peut pas parler d’avancées significatives dans les relations officielles entre l’Eglise orthodoxe russe et le Vatican pour le moment. Et s’empresse de préciser: «Les efforts entrepris dans ce domaine par des hommes politiques séculiers ne modifient en rien pour l’instant cette situation».
A l’occasion des voeux envoyés pour le jubilé d’argent de Jean Paul II, le 16 octobre, le président russe avait manifesté le désir de rencontrer le pape pour, «discuter sur les enjeux des relations bilatérales entre la Russie et le Vatican» ainsi que sur leurs «collaborations dans les affaires internationales».
Vladimir Poutine se rend en Italie à l’occasion d’un sommet de l’Union européenne. C’est la seconde fois qu’il rencontrera le pape, après sa visite du 5 juin 2000. Il s’agissait alors de la cinquième visite d’un président russe chez Jean Paul II après celles de Mikhaïl Gorbatchev le 1er décembre 1989 et le 18 novembre 1990, puis de Boris Eltsine le 20 décembre 1991 et le 10 février 1998.
Cette nouvelle visite au Vatican s’inscrit dans un climat toujours tendu entre le Saint-Siège et le patriarcat orthodoxe de Moscou. Le président Poutine a plusieurs fois exprimé son souhait de ne pas interférer dans les relations religieuses entre les deux Eglises, mais ces relations ont aussi débordé sur le terrain politique, notamment dans l’affaire des nombreux visas retirés à des prêtres ou à des évêques catholiques de nationalités non russes mais effectuant leur ministère en Russie.
L’affaire Mazur
Cette affaire des visas a culminé en avril 2002 avec l’interdiction de séjour du Polonais Mgr Jerzy Mazur, évêque d’Irkoutsk, un des quatre diocèses créés en février 2002. La création de ces diocèses venant remplacer les structures temporaires existant auparavant – les administrations apostoliques – avait provoqué l’ire des autorités orthodoxes de Russie. Ces dernières avaient accusé le Vatican de faire du prosélytisme catholique sur une terre de tradition orthodoxe.
En mai 2002, le pape avait écrit au président Poutine afin de lui demander d’intervenir en faveur du retour de Mgr Mazur en Russie. Ce dernier devait répondre à Jean-Paul II un mois plus tard en lui assurant que le non renouvellement d’un visa est une «mesure normale adoptée par un Etat souverain à l’encontre de citoyens étrangers singuliers» et qu’il ne s’agit pas d’une «campagne contre l’Eglise catholique».
Invariable discours
Le 29 octobre, dans l’interview accordée au quotidien russe Izvestia à l’occasion du voyage de Vladimir Poutine en Italie, le patriarche Alexis II affirme en outre que «la position officielle du Vatican n’a pas varié d’un iota». Il s’en prend enfin à «l’expansion» du Vatican dans les territoires de l’ancienne Union soviétique ainsi qu’aux «persécutions» dont seraient victimes les orthodoxes d’Ukraine occidentale de la part des catholiques.
Il souligne cependant «les nombreux exemples de relations bienfaitrices et de coopération constructive entre orthodoxes et catholiques» dans les domaines culturel, éducatif et caritatif. (apic/imedia/pr)



