Jean Paul II demande l’aide de psychologues
Rome: Vocations: le pape pour un examen de l’équilibre sexuel des candidats au séminaire
Rome, 2 février 2005 (Apic) Le pape Jean Paul II, hospitalisé dans la nuite de mardi à mercredi, a exigé mardi un examen de l’équilibre sexuel et de la capacité à vivre le célibat des candidats au séminaire pour éviter à l’Eglise de nouveaux scandales comme celui de St-Pölten en Autriche. Deux documents, le premier sur la psychologie des séminaristes, le second, d’ordre moral, sur les candidats séminaristes à tendance homosexuelle, sont actuellement en préparation.
L’aptitude au célibat des candidats à la prêtrise doit être «attentivement vérifiée» au moment de leur admission au séminaire, a expliqué Jean-Paul II au cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, dans un message daté du 1er février 2005. Il y a aussi encouragé l’activité du dicastère réuni en Assemblée plénière au Vatican du 31 janvier au 2 février, autour des questions relatives aux séminaires, aux universités, aux écoles et aux vocations sacerdotales.
«Déjà au moment de leur admission au séminaire», l’aptitude des jeunes «à vivre le célibat afin d’atteindre, avant l’ordination, une certitude morale autour de leur maturité affective et sexuelle doit être attentivement vérifiée», a déclaré le pape dans son message.
«A la lumière des mutations sociales et culturelles, l’oeuvre de spécialistes compétents pour aider les séminaristes à comprendre plus profondément les exigences du sacerdoce, reconnaissant dans le célibat un don d’amour au Christ et aux frères peut s’avérer utile», a-t-il aussi expliqué.
Jean Paul II a ainsi encouragé les quelque trente membres et consulteurs de la Congrégation pour l’éducation catholique – parmi lesquels le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé -, qui planchent actuellement sur un document portant sur la psychologie des séminaristes et les critères de discernement des vocations.
Deux documents
Répondant aux souhaits émis par le pape lors de la dernière assemblée plénière du dicastère en février 2002, ce document en cours de préparation depuis plusieurs années, devait être attentivement relu par les cardinaux membres de la Congrégation pour l’éducation catholique. Ce document dont la date de publication n’est pas encore annoncée, porterait, entre autres, sur la mise en place de tests psychologiques à l’entrée des séminaires. Si ce genre de tests est souvent mis en pratique aux Etats-Unis, au même titre que les tests d’ordre physique, leur mise en place semble plus délicate dans les pays latins.
Par ailleurs, un autre document, d’ordre moral, serait aussi actuellement discuté au sein de la Congrégation pour l’éducation catholique. Il porterait sur les candidats séminaristes à tendance homosexuelle, notamment sur leur admission au séminaire et à la prêtrise. L’homosexualité, même si elle n’est pas mise en pratique, est en effet considérée par l’Eglise comme un désordre moral.
«L’ordination au diaconat et à la prêtrise d’hommes homosexuels ou d’hommes à tendances homosexuelles est absolument déconseillée et imprudente et, d’un point de vue pastoral, très risqué», avait écrit le 16 mai 2002, le cardinal Medina Estevez, alors préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Si ce dicastère est responsable de l’ordination des candidats à la prêtrise, la Congrégation pour l’éducation catholique est pour sa part responsable en amont du recrutement et de la formation des séminaristes jusqu’à leur ordination.
Patrimoine de l’Eglise
Saluant aussi l’attention portée par la Congrégation aux facultés ecclésiastiques et aux universités catholiques – «riche patrimoine de l’Eglise»-, le pape a déclaré qu’elles devaient «se distinguer par la qualité de l’enseignement et de la recherche, pour être en mesure de dialoguer à titre plein avec les autres facultés et universités».
Il les a ainsi appelées «à un renouveau permanent», «étant donnée la rapidité de l’actuel développement scientifique et technologique». Il a aussi invité les participants à l’assemblée plénière au «dialogue interdisciplinaire», utile pour évaluer «les conquêtes de la science et de la technique» dans une confrontation avec la philosophie et la théologie.
«Un autre domaine intéressant de vos travaux est l’éducation chrétienne à travers les institutions scolastiques», a poursuivi le pape. L’éducation catholique apparaît toujours plus comme «le fruit d’une mission qui doit être partagée par les prêtres, les personnes consacrées et les fidèles laïcs», a-t-il expliqué. Il a aussi souligné que «le service ecclésial rendu dans l’école par les doyens de religion catholique s’intègre dans cette perspective», car «leur enseignement contribue au développement intégral des étudiants et à la connaissance de l’autre dans le respect réciproque». Il a ainsi manifesté le vif désir que «l’enseignement de la religion soit reconnu et ait un rôle adéquat dans le projet éducatif des instituts scolastiques».
Jean Paul II a enfin manifesté sa vive reconnaissance pour l’Oeuvre pontificale pour les vocations sacerdotales, une «institution méritante et féconde» instituée par Pie XII, qui soutient, entres autres, la traditionnelle Journée mondiale de prière pour les vocations. (apic/imedia/ar/pr)



