Un vote contestable et préoccupant, estime Mgr Sgreccia

Rome: Vote sur la santé reproductive de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Rome, 15 octobre 2004 (Apic) Le vice-président de l’Académie pontificale pour la vie juge préoccupant et peu démocratique le vote sur la «santé reproductive» de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le 5 octobre à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Une «stratégie européenne pour la promotion de la santé ainsi que des directives concernant la sexualité et la reproduction» ont ainsi été approuvées. Ce vote est préoccupant, estime Mgr Elio Sgreccia, vice- président de l’Académie pontificale pour la vie, qui s’exprimait dans «L’Osservatore Romano» du 14 octobre 2004.

Dans la Résolution sur la «santé reproductive, «à part une allusion à la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, on ne retrouve pas d’éléments positifs – comme l’étude de toute les causes qui peuvent rendre préjudiciable la fertilité», explique le spécialiste au Vatican des questions éthiques liées à la vie. En revanche, ce texte évoque des éléments «qui n’ont rien à voir avec la santé mais qui se réfèrent, entre autres, à l’avortement», continue Mgr Sgreccia.

«Il faut savoir que l’expression «réguler la fertilité» (.) inclut aussi bien l’avortement que la contraception (régulation avant et après les rapports sexuels); l’autre expression qui exclut «les conséquences négatives ou dangereuses» de l’acte conjugal comprend en revanche (.) le recours au soi-disant «avortement sécurisé», à savoir l’avortement légalisé demandé comme remède à l’avortement clandestin qui peut être dangereux», écrit ainsi l’évêque italien.

Absence de quorum

Sans le dire expressément, «on veut affirmer le droit à l’avortement comme une exigence intrinsèque au droit à la protection sanitaire requise par la charte européenne des droits sociaux», regrette-t-il.

Surtout, devant le fort taux d’absentéisme des eurodéputés lors du vote, «peut-il être retenu comme valide?», s’interroge Mgr Sgreccia. En effet, sur les 313 membres de l’Assemblée parlementaire, 62 seulement étaient présents au vote final (45 pour, 12 contre et 5 abstentions). Or «le règlement prévoit que le quorum nécessaire pour avoir un vote valide est d’un tiers des composants – soit 104 -», rappel l’évêque italien.

«Dans cette situation paradoxale, le vote du 5 septembre est caduc», estime donc Mgr Sgreccia qui regrette que l’assemblée, elle, ait reconnu ce vote comme valide. En effet, les députés n’ont pas demandé la vérification du quorum lors du vote de la Résolution n.1399 et de la Recommandation n.1675. (apic/imedia/pr)

15 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!