Querelles avec les catholiques pour la restitution des églises
Roumanie: Après les incidents de Cluj, l’Eglise orthodoxe accuse la police de complicité
Bucarest, 7 avril 1998 (APIC) Les querelles autour de la restitution des églises confisquées par le régime communiste sont loin d’être terminées en Roumanie. Le Patriarcat orthodoxe de Bucarest accuse aujourd’hui la police de la ville de Cluj de complicité dans l’occupation, le mois dernier, par des gréco-catholiques, de la cathédrale de la Transfiguration. De leur côté les catholiques mettent en cause les paroissiens orthodoxes qui s’opposent à la décision du tribunal qui leur demande de rendre la cathédrale à l’Eglise minoritaire.
«Nous avons toutes les raisons de penser que l’agression a été préparée et perpétrée sous la supervision et avec la complicité de la police de la ville de Cluj», affirme dans un communiqué distribué le 3 avril le patriarcat orthodoxe roumain de Bucarest. Démenti immédiat du côté catholique: «Les croyants grecs-catholiques étaient venus dans l’église pour prier, en conformité absolue avec la décision du tribunal roumain. Ils n’ont pas profané l’autel, ni fait de dégâts. Les déclarations qui affirment le contraire, même si elles sont faites par de hauts responsables d’Eglise, sont complètement fausses», souligne une déclaration de l’évêché grec-catholique de Cluj-Gherla.
Le 13 mars, des heurts violents se sont produits et plusieurs arrestations ont eu lieu lors de l’occupation de la cathédrale par des grecs-catholiques. Des témoins ont déclaré que les bagarres avaient éclaté lorsque les fidèles orthodoxes ont refusé de quitter la cathédrale et que la police est intervenue au moment où des bouteilles et des icônes étaient lancées par les deux parties. «Les agresseurs ont forcé les portes royales et se sont attaqués à l’autel, le profanant, renversant tout ce qui se trouvait sur la Sainte Table», déplore l’archidiocèse orthodoxe de Vad, Feleac et Cluj
L’Eglise grecque-catholique de Roumanie a été interdite sous le régime communiste en 1948 et ses biens remis à l’Eglise orthodoxe. En dépit de sa légalisation en 1990, sur les 2’000 églises que les grecs-catholiques avaient avant la deuxième guerre mondiale, ils en ont récupéré moins d’une centaine.
L’incident de Cluj faisait suite à la décision prise en février par la Cour d’appel de Bucarest qui confirmait que la cathédrale de Cluj appartenait aux grecs-catholiques. Ce jugement est considéré comme «abusif et illégal», d’après les termes du communiqué publié le mois dernier par les 50’000 paroissiens orthodoxes de la cathédrale, qui ont décidé de porter le cas devant la Cour suprême de Roumanie. (apic/eni/mp)



