L’Eglise orthodoxe condamne
Roumanie: Tumulte et concert de protestation contre un projet d’exploitation d’une mine d’or
Bucarest, 4 décembre 2003 (Apic) L’Eglise orthodoxe de Roumanie s’oppose au projet d’exploitation de la plus grande mine d’or en Europe en Transylvanie, un projet qui entraînerait selon elle le déplacement, le relogement des habitants et la destruction au bulldozer d’églises et de cimetières.
«Ce projet signifie qu’il faudra déplacer les églises et les personnes enterrées hors de la région, ce qui est inacceptable selon l’esprit et la tradition orthodoxe», a déclaré le Saint- Synode de l’Eglise en novembre. «Le Synode se prononce contre la réalisation de ce projet et espère que la région ne sera pas touchée et conservera son caractère sacré, sa pureté et sa beauté».
Le développement du site de Rosia Montana en Transylvanie permettrait d’extraire 25 millions de tonnes de minerai par an des Apuseni (Carpates occidentales).
Selon le quotidien roumain «Evenimentul Zilei», au moins 2’000 personnes devraient être déplacées à cause du projet, qui implique la destruction de 32 sites du patrimoine roumain, entre autres huit églises, neuf cimetières, ainsi que des vestiges romains et de la civilisation dace, pour faire place à un barrage de rétention des résidus de minerai.
Selon le journal, 300 tonnes d’or et 1’600 tonnes d’argent, d’une valeur de 3 milliards de dollars, devraient être extraites sur ce site de quelque 4’000 hectares pendant 17 ans. Le projet, présenté par une société conjointe canadienne et roumaine – Rosia Montana Gold Corporation – a aussi été condamné par d’autres responsables religieux, entre autres par l’archevêque catholique romain d’Alba Iulia, Mgr György-Miklos Jakubinyi.
Les Eglises catholique, orthodoxe et réformée n’ont été consultées qu’après la signature des contrats avec le gouvernement roumain, assure-t- il dans un entretien à l’Agence oecuménique ENI.
Pétition
Plus de 1’500 historiens, ethnographes et archéologues ont adressé une pétition internationale au président Ion Iliescu pour protester contre la réalisation de ce projet, rapporte le journal.
Réagissant à la déclaration du synode de l’Eglise orthodoxe, le directeur des relations publiques de la compagnie Rosia Montana Gold Corporation, Adrian Dascalu, a fait part de la stupéfaction de la compagnie face à l’attitude de l’Eglise. Selon lui, le patriarche orthodoxe Teoctist a «reconnu» lors d’entretiens au début novembre que le projet ne «relevait pas de la compétence du Synode».
Gabriel Resources Ltd, la société canadienne qui détient 80% de la compagnie, a précisé que l’exploitation de la mine devait commencer au cours du second trimestre de 2005, avec un retard de six mois sur le programme prévu, en raison des démarches pour obtenir l’autorisation des autorités responsables de l’environnement. (apic/eni/pr)



