Roumanie: Une cathédrale orthodoxe sera construite sur les «vestiges» d’un mausolée détruit

Le patriarche Teoctist qualifié de «mégalomane»

Bucarest, 2 mai 2003 (Apic) Une cathédrale orthodoxe, la plus grande jamais construite en Roumanie, sera érigée sur les «vestiges» d’un mausolée construit dans les années 1950 «à la gloire des héros communistes», au centre de Bucarest. Ce monument sera prochainement démoli, a indiqué vendredi la municipalité.

Le mausolée bientôt défunt, en marbre rouge de 50 mètres de hauteur et surplombant le parc Carol, avait abrité les dépouilles de plusieurs hauts responsables communistes, dont le «premier secrétaire» du PCR, Gheorghe Gheorghiu-Dej, mort en 1964.

Ces dépouilles ont été transférées dans divers cimetières, après la chute de Nicolae Ceaucescu en 1989 et après la fermeture du mausolée. Une seule exception avait été faite en 2000, lorsqu’il avait accueilli la mise aux enchères de biens ayant appartenu à l’ancien dictateur.

La «cathédrale de la rédemption de la nation» avait été budgété dans un premier temps à 200 millions de dollars. Un nouvel emplacement devrait contribuer à réduire les dépenses, en éliminant une partie des infrastructures prévues initialement.

La construction de la cathédrale fait cependant des vagues en Roumanie et divise la population. Nombre de Roumains estiment qu’un tel bâtiment monumental ne se justifie pas, alors que la société traverse une période de sévères privations.

Les critiques parmi les fidèles accusent également de «mégalomanie» le patriarche de l’Eglise orthodoxe, Teoctist, qui est à l’origine de ce projet.

La mémoire des chrétiens

Un autre projet, «oecuménique» celui-là, semble rassembler les Eglises roumaines, orthodoxe, protestante et catholique, qui souhaitent honorer la mémoire des chrétiens morts pour leur foi sous le communisme

«Nous avons commencé à réunir des données en 1990, et avons déjà publié des documents concernant les chrétiens orthodoxes, catholiques et protestants qui ont souffert à cause de leur foi. Nous avons maintenant établi des critères précis qui nous permettent de reconnaître des actes de martyre», indique-t-on du côté de Bucarest.

Parmi ces critères figurent la mort violente, ou la mort en prison provoquée par le manque de nourriture ou d’eau ou la torture, à cause de la «haine de la religion et de l’Eglise»: c’est ce qu’ont déclaré des représentants orthodoxes, catholiques et protestants à l’issue d’une rencontre sur ce projet au début de l’année.

La liste, précise-t-on, comprendra 120 orthodoxes, 50 catholiques romains et 20 protestants, ainsi que 150 martyrs de l’Eglise grecque-catholique roumaine, de rite oriental mais fidèle à Rome, interdite en 1948. (apic/eni/jv/pr)

2 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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