Une loi entrée en vigueur il y a 40 ans

Royaume-Uni: Des responsables d’Eglise pour un réexamen de la lois sur l’avortement

Londres, 1er novembre 2007 (Apic) Des responsables d’Eglise britanniques demandent un réexamen de la législation sur l’avortement, alors que le Royaume-Uni a marqué le 40e anniversaire, le 27 octobre, de la Loi sur l’avortement de 1967, qui a légalisé cette pratique dans certaines circonstances.

Le ministère britannique de la Santé a indiqué qu’en 2006, près de 200’000 avortements avaient été pratiqués en Angleterre et au Pays de Galles, ce qui représentait une augmentation de 4% par rapport à l’année précédente.

Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, a écrit le 21 octobre dans le journal britannique «The Observer» que l’esprit de la loi était en train de se perdre, le procédé tendant à être considéré comme la norme plutôt que comme une solution de dernier recours, en cas de danger ou de détresse extrême.

Evoquant un débat récent sur la possibilité que les femmes puissent prendre chez elles des médicaments provoquant l’avortement, l’archevêque Williams a commenté : «Une femme enceinte qui fume ou boit trop est très souvent vue comme responsable d’une violation des droits de son foetus. Et pourtant, sans que l’on trouve cela absurde, on discute de la possibilité de laisser les femmes enceintes réaliser librement des actes qui mettront fin à la grossesse».

L’archevêque a suggéré que le délai actuel, fixé à 24 semaines, soit revu à la lumière des récentes avancées de la connaissance scientifique.

Les catholiques réaffirment leur position

L’Eglise catholique en appelle réaffirme sa position en matière d’avortement. Le cardinal Cormac Murphy-O’Connor et le cardinal Keith O’Brien, ont appelé, dans une lettre ouverte publiée le 22 octobre, à un changement de mentalités sur la question. Ils ont demandé que les jeunes femmes qui se retrouvent enceintes soient mieux conseillées et que celles qui choisissent d’avoir des enfants reçoivent davantage d’aide matérielle.

«Tout en renouvelant l’attachement au principe du caractère sacré de la vie humaine, il est à la fois légitime et important pour les personnes qui s’opposent publiquement et par principe à l’avortement de travailler et de voter en faveur d’améliorations progressives et réalisables d’une loi injuste», ont écrit les cardinaux.

Lors d’une interview donnée le 23 octobre à la radio, le cardinal Murphy-O’Connor a reconnu que seules des améliorations progressives pouvaient être espérées pour le moment. Selon lui, si une réduction graduelle de la quantité d’avortements pouvait être réalisée, cela serait une étape dans la bonne direction.

Les Eglises baptiste, méthodiste et réformée unie ont marqué l’anniversaire de la loi sur l’avortement en publiant un document d’information commun (www.jointpublicissues.org.uk), qui offre aux fidèles des informations sur le thème de l’avortement pour en débattre. Les trois Eglises ont également mis en place un groupe de travail commun chargé d’étudier les questions touchant à l’avortement, l’embryologie humaine et la vie prénatale, notamment le clonage thérapeutique et le diagnostic génétique préimplantatoire.

Une commission de députés britanniques étudie à l’heure actuelle si, à la lumière des avancées médicales concernant les naissances prématurées, le délai pour recourir à l’avortement doit être abaissé à moins de 24 semaines. Un sondage récent indique que seulement 20 % des Britanniques soutiennent une interdiction totale de l’avortement. (apic/eni/pr)

1 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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