Projet de loi contesté actuellement à l’étude
Royaume-Uni: Près de 3’000 personnes euthanasiées en 2004
Londres, 19 janvier 2006 (Apic) Près de 3’000 personnes, huit par jour, ont été euthanasiées par leurs médecins en 2004 au Royaume-Uni, indique «Le Monde». Ce chiffre, publié mercredi 18 janvier, relance le débat sur l’euthanasie, toujours illégale et passible de prison dans ce pays.
Selon une étude indépendante, la première du genre, réalisée par l’université anglaise de Brunel et publiée dans le journal médical «Palliative Medecine». 2’865 personnes, soit 0,5 % des 585’000 morts enregistrés en 2004, ont été aidées à mourir par des médecins, selon cette enquête conduite auprès de 857 généralistes et médecins spécialisés interrogés sous couvert de l’anonymat.
Parmi ces décès assistés, 936 faisaient suite à une demande explicite du malade. Selon le professeur Clive Seale, qui a dirigé l’enquête, les autres (1’929 cas) sont des patients qui ont par le passé émis le souhait d’être euthanasiés, mais ont perdu la capacité de donner des instructions spécifiques, par exemple après être tombés dans le coma.
D’après le professeur Seale, le taux de décès par euthanasie au Royaume-Uni est significativement plus bas que dans d’autres pays où cette étude a été menée. Selon lui, 14 % des médecins qui ont participé à son étude se disent peu satisfaits par l’actuelle législation, contre 82 % qui en sont satisfaits. Au Royaume-Uni, l’aide à mourir est considérée comme un crime, passible de 14 ans de prison.
Il y a quatre ans, le pays avait été déchiré par le cas de Diane Pretty, une quadragénaire paralysée par une maladie incurable, morte dans la souffrance parce que la justice lui avait refusé le droit de se faire aider par son mari pour mourir.
Un projet de loi est actuellement à l’étude au Parlement. Il propose d’autoriser dans certains cas les médecins à prescrire des doses mortelles de produits que les patients prendraient eux-mêmes.
Reste que les partisans de l’euthanasie se heurtent à de fortes oppositions, avec notamment les chefs des Eglises anglicane et catholique qui se sont prononcés contre sa légalisation. (apic/ag//lm/pr)



