Détruites en 1930 lors d’une campagne bolchevik

Russie: Après 70 ans, les cloches sont de retour au monastère Saint-Serge

Moscou, 18 septembre 2002 (APIC) Deux cloches ont été récemment hissées au beffroi du monastère Saint-Serge de la Sainte-Trinité, un des sites les plus sacrés de l’Eglise orthodoxe russe. Elles sont de retour dans l’édifice après avoir été détruites en 1930 par les bolcheviks.

Ce monastère, situé à Serguev-Possad, à 70 kilomètres au nord-est de Moscou, a prévu de remplacer un ensemble de trois cloches qui avaient été détruites par les bolcheviks dans le cadre d’une campagne antireligieuse. «C’est le signe que l’histoire reprend ses droits», a déclaré le primat de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche Alexis II, après un office célébré le 4 septembre.

Deux cloches ont été installées la semaine dernière. Elles sont les plus grandes que la Russie ait fabriqué en 200 ans. Elles pèsent chacune respectivement 27 et 35,5 tonnes et ont coûté, à elles deux, environ 1 million d’euros.

Les cloches ont reçu les noms de ’Pervenets’ (Première-née) et ’Blagovestnik’ (Evangéliste). Une inscription en relief sur le côté indique qu’elles ont été fondues sous la présidence de Vladimir Poutine et pendant le règne du Patriarche Alexis II.

Projet «canon» de Pierre le Grand

Bien qu’ayant leur origine dans le christianisme occidental, les cloches sont devenues de puissants symboles du christianisme dans l’histoire de la Russie. Pierre le Grand qui a fait de l’Eglise orthodoxe un département d’Etat, avait ordonné que les cloches soient fondues pour faire des canons. Et leur destruction par les bolcheviks est restée pour beaucoup de gens l’un des actes les plus symboliques de l’athéisme du régime soviétique. Parallèlement, la fonte et la suspension des cloches dans les églises a toujours été un symbole de renouveau spirituel.

Selon les représentants de l’Eglise et les ingénieurs présents lors de la cérémonie, il reste un problème majeur à résoudre, à savoir l’installation de la troisième cloche, appelée «Tsar» qui pèsera 64 tonnes. Alors que les deux autres coûtent environ 16 euros par kilo, «Tsar» reviendrait à quelque 45 euros par kilo, soit 2,9 millions d’euros, selon un responsable du monastère, l’hégoumène Aristarkh Smirnov. (apic/eni/bb)

18 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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