L’appel du pape pour la liberté religieuse jugé infondé

Russie: Arrivée du nouveau nonce apostolique à Moscou

Moscou, 14 janvier 2003 (APIC) Le nouveau nonce apostolique en Russie, Mgr Antonio Mennini, est arrivé à Moscou le 11 janvier. Le représentant du Saint-Siège entre en fonction alors que perdure la crise entre le Vatican et le patriarcat de Moscou.

Lundi encore, en recevant le corps diplomatique au Vatican, le pape avait demandé la réintégration des 5 ecclésiastiques bannis du territoire russe ainsi que le respect de la liberté religieuse dans ce pays. Une demande jugée infondée par les responsables orthodoxes.

Attendu par de nombreux journalistes à l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, le nouveau nonce a exprimé son espoir de voir se développer «une confiance mutuelle et une coopération» entre la Fédération de Russie et le Saint-Siège.

L’arrivée à Moscou du nouveau nonce coïncide avec le rappel de la crise entre Moscou et le Vatican, que le pape a fait lundi en recevant le corps diplomatique accrédité au Vatican. Jean Paul II a en effet demandé au président russe de «respecter ses engagements internationaux» s’agissant de la liberté religieuse et pour que les quatre prêtres catholiques et l’évêque, Mgr Jerzy Mazur, qui ne peuvent retourner exercer leur mandat en Russie, voient leur visa renouvelé.

La réaction orthodoxe ne s’est pas faite attendre. Selon l’agence russe Interfax, le Père Vsevolod Tchapline, numéro deux du département des relations extérieures du patriarcat, a jugé «surprenant», les propos du pape. Le responsable orthodoxe estime en outre que le Vatican «cherche à donner l’impression qu’il y a une persécution totale des catholiques en Russie en se basant sur des cas individuels de refus de visa, une prérogative que tout pays a le droit d’exercer».

Alexeï Voline, porte-parole du gouvernement russe, a pour sa part indiqué que Moscou n’allait pas réagir aux déclarations de Jean Paul II. Estimant toutefois que «la loi russe garantit la liberté religieuse».

L’érection en 2002 de quatre diocèses catholiques de Russie, perçue par les responsables orthodoxes comme «une agression spirituelle», a aggravé une tension palpable depuis des années déjà. L’Eglise orthodoxe russe, sous la férule de l’influent Alexis II, accuse l’Eglise catholique de s’adonner au prosélytisme en Russie.

Seul signe d’une légère détente, selon l’archevêque catholique de Moscou Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, les voeux de Noël du patriarche orthodoxe au pape qui, aux dires de l’archevêque, «bien qu’usuels, prennent dans le contexte actuel une signification plus forte: l’espoir que le pire est passé». (apic/cns/sh)

14 janvier 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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