Le pasteur Raiser satisfait des progrès
Russie: Divergences entre le COE et les orthodoxes
Moscou, 23 juillet 2003 (Apic) Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), s’est montré satisfait à l’issue de sa visite en Russie, à propos des progrès accomplis pour surmonter les divergences de vues entre les Eglises orthodoxes et protestantes membres du COE.
C’est en raison de ces divergences, qui portent, entre autres, sur le culte, la théologie et les procédures de prise de décisions, que l’Eglise orthodoxe russe a été sur le point, il y a plusieurs années, de claquer la porte de l’organisation oecuménique.
«Je suis satisfait de constater que nous avons pu faire des progrès et que nous sommes en train de résoudre les problèmes», a déclaré le pasteur Raiser, peu avant de quitter Moscou.
La participation des Eglises orthodoxes au COE a été une des questions les plus délicates qui se soient posées au cours du mandat du pasteur Raiser, secrétaire général du COE depuis 1993.
Les 342 Eglises membres du COE regroupent toutes les grandes traditions chrétiennes – protestantes, anglicanes et orthodoxes – à l’exception de l*Eglise catholique qui travaille en coopération avec ce rassemblement international d’Eglises.
Nombre d’orthodoxes, russes en particuliers, considèrent cependant que le COE subit trop l’influence des opinions occidentales, libérales et protestantes sur des questions comme le langage sans exclusive pour parler de Dieu, l’ordination des femmes, et la sexualité. Ces mêmes orthodoxes estiment en outre que les représentants orthodoxes sont marginalisés par les procédures de prise de décisions de l’organisation oecuménique.
Les choses sont arrivées à un point critique lorsque, dans les années 1990, deux Eglises orthodoxes – de Géorgie et de Bulgarie – se sont retirées du COE. En réaction, l’Assemblée du COE a décidé en 1998 de créer une Commission spéciale pour étudier la question de la participation des Eglises orthodoxes. La Commission, composée à nombre égal d’orthodoxes et de non-orthodoxes, a présenté son rapport l’an dernier, en faisant une série de propositions.
Changements visibles
«Les changements commencent à faire partie de la vie quotidienne du COE», a constaté Vsevolod Chaplin, directeur adjoint du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, en prenant la parole lors de l’ouverture d’un débat sur le COE tenu à Moscou entre le pasteur Raiser, des laïcs chrétiens et des journalistes.
Le pasteur Raiser a estimé qu’il était de son devoir de rendre visite à l’Eglise orthodoxe russe avant le terme de son mandat de secrétaire général, qui expire à la fin de l’année. Il a expliqué que le but principal de sa visite était de discuter de la réaction du patriarcat de Moscou aux conclusions de la Commission spéciale.
Pour le pasteur Raiser, les traditions orthodoxes et protestantes représentent «deux cultures chrétiennes fondamentalement différentes». Cela est surtout apparu, a-t-il fait remarquer, à propos du culte qui est traité dans le rapport de la Commission spéciale comme la «prière commune». Le but à atteindre, a-t-il dit, est que «les deux parties se considèrent l’une et l’autre comme d’authentiques expressions – quoique différentes – de l’Evangile». (apic/eni/pr)



