Une législation au service de la discrimination
Russie: La République de l’Altaï interdit la construction d’une Eglise catholique
Moscou, 25 avril 2002 (APIC) Le gouvernement de la République russe de l’Altaï a interdit à l’Eglise catholique de construire une église sur son territoire. Le président de cette région de Sibérie, Michael Lapchine, a déclaré mercredi 23 avril à l’agence russe Interfax, qu’il ne veut pas que les catholiques soient actifs dans la région.
Le président Lapchine se réfère à l’actuelle législation religieuse en Russie qui définit l’orthodoxie comme une part inaliénable de l’héritage historique, spirituel et culturel de la Russie. L’islam, le bouddhisme et le judaïsme sont également mentionnés, mais l’Eglise catholique et les protestants ne font pas partie de cette liste et courent le risque d’être assimilés à des sectes importées de l’étranger.
Cette interdiction de construire vient renforcer les tensions entre catholiques et orthodoxes russes encore marquées par l’expulsion le 19 avril de Mgr Jerzy Mazur et d’un prêtre italien quelques jours plus tôt. Ces incidents font suite à l’érection en Russie de quatre diocèses catholiques.
En Sibérie, il y a entre un et deux millions d’individus d’origine catholique (Polonais, Allemands, Lituaniens, Ukrainiens, Lettons…). La plupart ont été élevés dans l’athéisme le plus strict et profondément russifiés, ils ont souvent perdu toute notion de leur langue maternelle et de leur culture d’origine. En 1937, l’Eglise catholique a été pratiquement éradiquée au niveau de ses structures et la foi n’a pu se maintenir que clandestinement.
Aujourd’hui, les efforts de l’Eglise catholique pour raviver une présence en Sibérie qui remonte XVIIème siècle ne fait que conforter les critiques des milieux orthodoxes, qui accusent les catholiques de prosélytisme et ainsi de favoriser «un clivage culturel et une division de la société russe». (apic/kna/sh)



