Il exhorte les Eglises à adopter les dates orthodoxes
Russie: Le métropolite Kirill favorable à une date commune pour célébrer Pâques
Moscou, 30 mars 2001 (APIC) Le métropolite Kirill de Smolensk et Kaliningrad, de l’Eglise orthodoxe russe, a appelé les Eglises occidentales à réformer leur calendrier religieux et à célébrer Pâques en même temps que l’Eglise russe et d’autres Eglises orthodoxes. Ce qui dit-il, argumente-t-il, permettrait à tous les chrétiens de célébrer à la même date l’un des moments les plus importants du calendrier chrétien.
Cette année, la date de Pâques sera exceptionnellement la même pour toutes les Eglises, c’est-à-dire le 15 avril. En temps ordinaire, Pâques est habituellement célébrée à deux dates différentes. La plupart des Eglises orthodoxes, entre autres l’Eglise orthodoxe russe, célèbrent en effet Pâques à une date différente de la plupart des Eglises protestantes et catholiques.
Le Père Thomas Fitzgerald, théologien, des Etats-Unis, avait déclaré en 1997 que le désaccord à propos de la date de Pâques était un «scandale interne» parmi les chrétiens. «Quel sorte de témoignage apportons-nous au monde avec cette division?»
«Chaque fois que les chrétiens célèbrent Pâques ensemble, ils éprouvent un sentiment de regret en pensant que cela ne se reproduira pas l’année suivante», a commenté le métropolite Kirill, dont les propos ont été repris par l’agence russe Interfax. «C’est pourquoi, ajoute-t-il, la question des célébrations de Pâques est l’une des priorités du dialogue entre chrétiens. Je suis profondément convaincu qu’il serait juste de célébrer de nouveau Pâques conformément à la décision du Premier Concile oecuménique [de Nicée en 325] comme le fait l’Eglise orthodoxe».
Selon Interfax, l’archevêque Tadeusz Kondrusiewicz, président de la Conférence épiscopale de Russie, a bien accueilli la proposition du métropolite Kirill. Les désaccords entre communautés chrétiennes sur la date des célébrations de Pâques sont aussi anciennes que le christianisme lui-même et sont appelées par les théologiens «les controverses pascales». C’est d’ailleurs une des questions ayant provoqué la convocation du premier Concile oecuménique de Nicée – aujourd’hui, le site d’Iznik en Turquie.
Grégoire ou Julien
Les Eglises occidentales calculent la date de Pâques en se basant sur le calendrier grégorien (le pape Grégoire XIII a réformé le calendrier en 1582, changeant ainsi la date de Paques), et ce calendrier est utilisé généralement dans le monde entier. Mais la plupart des Eglises orthodoxes, notamment l’Eglise russe, suivent encore le calendrier julien pour calculer la date de Pâques.
La grande majorité de chrétiens orthodoxes russes considèrent leur calendrier comme «l’icone du temps» qui ne peut être changé. «Il est impossible de rompre cette tradition, cela provoquerait un schisme», a estimé à ce sujet le métropolite Kirill.
Diverses solutions visant à résoudre ce problème sont à l’examen. Des discussions ont lieu entre le Conseil des Eglises du Moyen-Orient (COE) et le Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui essaient aussi de tirer parti du fait que les célébrations auront lieu à la même date cette année.
Lors d’une rencontre tenue à Alep, en Syrie, en mars 1997, des représentants des grandes traditions s’étaient entendus sur une proposition, qualifiée d’»ingénieuse», pour établir une date commune. La proposition d’Alep visait à dépasser un «conflit de calendriers» tout en continuant d’utiliser la formule de Nicée pour déterminer la date de Pâques, mais en basant les calculs sur les données astronomiques les plus précises et en prenant le méridien de Jérusalem comme point de référence. Selon cette méthode, la date de Pâques tombera toujours après la Pâque juive, comme elle le fait avec le calcul occidental actuel.
Pas demain
Pour Viktor Malukhin, porte-parole du patriarcat de Moscou, il n’y a cependant encore aucun projet en Russie concernant des célébrations communes le 15 avril entre les Eglises orthodoxes et non orthodoxes. Même son du côté catholique. Pour le Pére Bogdan Severinek, l’un des responsables de l’administration catholique à Moscou, il n’est nullement envisagé d’organiser des célébrations communes. «Du point de vue liturgique, il est en effet impossible de célébrer Pâques ensemble aussi longtemps que notre Eglise n’est pas une». (apic/eni/pr)



