de l’épiscopat de l’Eglise orthodoxe russe
Russie: Réunion en assemblée plénière (270297)
Moscou: 27février(APIC) Une assemblée plénière de l’épiscopat de l’Eglise
orthodoxe russe s’est tenue au monastère Saint-Daniel à Moscou du 18 au 22
février 1997, sous la présidence du patriarche de Moscou ALEXI II, primat
de l’Eglise Russe. Cent trente-huit évêques venus de Russie, d’Ukraine, de
Biélorussie, de Moldavie, des pays baltes, des républiques d’Asie centrale
ainsi que des diocèses du patriarcat de Moscou en Europe occidentale et en
Amérique ont pris part à cette réunion.
Les assemblées épiscopales ont lieu tous les deux ans, dans l’intervalle
entre les conciles qui constituent l’instance ecclésiale suprême et sont
composés des évêques et des délégués clercs et laïcs de chaque diocèse.
Après un bref discours d’ouverture, le patriarche ALElXIS II a présenté
un compte rendu sur la vie de l’Eglise depuis la précédente assemblée, en
décembre 1994 (SOP 1942). Il a fourni de nombreuses statistiques concernant
la gestion administrative et financière, indiquant notamment que l’Eglise
russe comptait à ce jour au total 18000 paroisses, 390 monastères, 5
académies de théologie, 21 séminaires et 23 écoles de formation de maîtres
de chapelle. la majeure partie du rapport d’activité a toutefois été
consacrée au rôle de l’Eglise dans la société russe. «L’une des causes des
maux qui se sont abattus sur la Russie tient à l’absence dans notre société
d’un système de valeurs morales qui viendrait empêcher tout homme vivant
dans la richesse et le confort de passer sans réagir à côté de son prochain
qui souffre», a affirmé ALEXIS II, en reprenant les thèmes de la justice
sociale développés en janvier dernier dans un message officiel du
saint-synode (SOP 2153). Pour restaurer ce sytème de valeurs, il a proposé
que l’Eglise devienne «un acteur à part entière du processus social qui
devrait changer la situation dramatique actuelle du pays».
Les relations avec les autorités civiles en russie sont bonnes, par
contre en Ukraine la situation est plus contrastée. En Russie, «sans
chercher à devenir une Eglise d’Etat et tout en restant à l’écart des
combats politiques, notre Eglise reste ouverte à toute idée de coopération
avec les structures du pouvoir à tous les degrés», a souligné le patriarche
de Moscou.
En Ukraine, «les autorités, dans certains endroits, et la presse»
soutiennent ouvertement les entités orthodoxes dissidentes, mais dans leur
grande majorité, les clercs et les laïcs sont restés dans la juridiction de
l’Eglise orthodoxe autonome d’Ukraine qui est rattachée canoniquement au
patriarcat de Moscou et compte 6500 paroisses. le dialogue oecuménique,
dans un contexte nouveau en Europe orientale, est devenue plus difficile à
mener et a besoin d’être réorienté. A côté des questions théologiques, il
devrait être recentré sur des problèmes pratiques, notamment par le biais
d’actions de coopération dans le domaine social.
SOP 216
Les évêques ont pris connaissance du résultat des travaux de la commission
des canonisations présentées par son président, le métropolite JUVENAL de
Krourtsy, notamment en ce qui concerne l’éventuelle canonisation du tsar
NICOLAS II et de sa famille qu’il a été décidé de soumettre à l’examen du
prochain concile de l’Eglise russe qui doit se tenir dans un ou deux ans.
L’assemblée a ensuite procédé à la canonisation de trois évêques russes
du 20ème siècle mort martyrs: le métropolite de Kroulitsy
PIERRE(Polianski), locum tenens du trône patriarcal de 1925 à 1937, le
métropolite de Leningrad SERAPHIN (Tchitchagov) et l’archevêque de Kostroma
THADDEE (Ouspenskii), tous trois emprisonnés pour leur foi par les
autorités soviétiques, puis fusillés en 1937.
L’assemblée a écouté le rapport de l’évêque EUGENE de Vereia, recteur de
l’académie de théologie de Moscou et responsable du Comité des études, qui
a dressé les grandes lignes des nouveaux programmes de formation
théologique et pastorale. Elle a également écouté le rapport du président
de la comission théologique synodale, le métropolite PHILARETTE de Minsk,
ex-patriarcal pour la Biélorussie, qui a présenté les propositions de la
commission concernant l’engagement de l’Eglise russe dans le mouvement
oecuménique et les suites à donner au dialogue théologique avec les
anciennes Eglises orientales (préchalcédoniennes). Lors de cette rencontre,
il a été décidé de poursuivre le travail au sein du COE ainsi que le
dialogue avec les préchacédoniens et de contribuer à l’élaboration d’une
solution panorthodoxe sur ces questions.
L’assemblée a annoncé des mesures à l’encontre d’anciens du patriarcat
de Moscou qui ne se sont pas soumis aux mises en garde qui leur avaient été
faites précédemment. Elle a ainsi excommunié l’ex-métropolite de Kiev
PHILARETE (Michel Denissenko), déjà réduit à l’état laïc en 1994 (SOP 1702)
pour avoir persisté dans son action schismatique qui divise le peuple
orthodoxe en Ukraine. Elle a appliqué la même sanction au père Gleb
YAKOUNINE, prêtre moscovite déjà suspendu a divinis en raison de son refus
de se plier à l’ordonnance du saint-synode interdisant aux prêtres
d’assumer des mandats politiques (SOP 1942) et qui avait rejoint le groupe
dissident de Philarète DENISSENKO. Ancien prisonnier d’opinion sous le
régime soviétique, le père YAKOUNINE s’était présenté en 1993 aux élections
à la Douma et avait été élu député. Il avait à plusieurs reprises critiqué
les responsables du patrriarcat de Moscou, leur reprochant de vouloir
étouffer tout pluralisme confessionnel en Russie.(apic/fd)



