En 1922 une mission vaticane sauva des milliers de Russes de la famine

Russie: révélations sur les relations entre le Vatican et les Soviétiques

Rome, 20mai(APIC) Après la révolution d’octobre 1917 en Russie, le Vatican essaya de développer une stratégie missionnaire nouvelle, qui passait

nécessairement par des contacts avec le régime soviétique. Telle est une

des principales révélations que Mgr Giuseppe Croce, spécialiste de l’histoire des temps modernes, vient de faire dans un article intitulé «Le

Saint-Siège, l’Eglise orthodoxe et la Russie soviétique. Entre mission et

diplomatie (1917-1929)» et publié dans les «Mélanges de l’Ecole Française

de Rome».

Sur la base de documents inédits, Mgr Croce, collaborateur des Archives

secrètes du Vatican, livre des détails peu connus ou ignorés sur l’attitude

et les initiatives du Vatican au moment de la chute du régime tsariste,

sous lequel les catholiques étaient à peine tolérés. Les contacts entre le

Saint-Siège et les Soviétiques auront lieu d’abord en 1920 à Londres, par

l’ancien évêque de Mohilev, Mgr De Ropp, et à Vienne, par le visiteur apostolique pour l’Ukraine, Mgr Genocchi, qui entameront tous deux des pourparlers avec des missions soviétiques en Occident.

Restés sans suite immédiate, ces pourparlers seront suivis par d’autres

au moment de la famine dans la région de la Volga, en 1921. En 1922, des

tractations avec l’attaché commercial soviétique à Rome, M. Vorowski, permettent au Saint-Siège d’envoyer une mission strictement humanitaire en

Russie, en renonçant à toute activité religieuse. La mission vaticane, dirigée par le prêtre américain Edmund Walsh, pourra partir pour la Russie où

elle sauvera d’une mort certaine des milliers de personnes menacées par la

famine.

Quelques temps auparavant, lors de la Conférence internationale de Gênes, en mai 1922, un prélat de la Secrétairerie d’Etat du Vatican, le futur

cardinal Giuseppe Pizzardo, mandaté par Pie XI, nouera des contacts avec

les délégations nationales et leur remettra un mémorandum contenant trois

requêtes du Vatican: liberté de conscience, liberté de culte, restitution

des biens confisqués aux confessions religieuses. Toutefois, ce mémorandum,

qui avait été présenté également au plénipotentiaire soviétique Tchichérine, n’aura pas de suite, en raison des réticences du représentant anglais,

Lloyd George. (apic/sv/mp)

20 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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