Le patriarche Alexis dénonce le terrorisme qui a frappé la Russie
Russie: Vladimir Poutine a fêté le Noël orthodoxe dans l’Oural
Moscou, 7 janvier 2003 (APIC) Le président russe Vladimir Poutine a fêté le Noël orthodoxe le 7 janvier dans l’Oural. Il a participé à la messe dans une petite église édifiée récemment dans un village près de Tchéliabinsk. La télévision russe a retransmis mardi des images de la cérémonie qui s’est déroulée dans le village d’Agapovka, qui compte quelque 6’500 âmes.
La veille, Poutine avait adressé ses voeux de «paix et d’unité» pour le Noël orthodoxe, fêté mardi selon l’ancien calendrier julien. «Je souhaite de tout coeur un joyeux Noël aux orthodoxes et aux autres chrétiens de Russie. Que cette fête apporte dans des millions de foyers paix, amour, bonté et espérance», a déclaré le chef de l’Etat. «Qu’elle renforce les fondements spirituels de notre société et pousse les citoyens russes à l’unité et à l’entente», a-t-il ajouté.
Dans son message télévisé de mardi à l’occasion de Noël, le patriarche Alexis II de Moscou et de toutes les Russies a exprimé ses profonds regrets pour la poursuite du conflit en Terre Sainte, «près des plus grands sanctuaires de la chrétienté», rapporte l’agence de presse russe Interfax. Le chef de l’Eglise orthodoxe russe, qui se remet à 73 ans d’un récent malaise cardiaque, a encore dit son inquiétude à propos des attaques terroristes qui ont visé la Russie et d’autres pays dans le monde l’année dernière.
Le patriarche orthodoxe a estimé que le terrorisme met le monde en face d’une menace jamais vue auparavant. «L’expérience spirituelle de l’humanité montre que la douleur commune rapproche les peuples et les unit dans le combat contre le mal», a-t-il lancé, en rappelant que les mauvaises intentions ont leur origine dans le coeur des hommes.
Tant que la Russie a prié et construit des églises, elle a prospéré
Le patriarche de Moscou a assuré que l’Eglise faisait tout ce qu’elle pouvait pour aider les gens à acquérir un fond de spiritualité, selon l’agence Interfax. Il a cependant noté qu’en raison des difficultés de la vie quotidienne en Russie, de nombreux jeunes, «piégés», succombaient aujourd’hui à la drogue, à l’alcool ou aux sectes et étaient «corrompus spirituellement et physiquement». Et Alexis II d’affirmer que tant que la Russie a prié et consciencieusement construit des églises, elle a prospéré. «Mais à partir du moment où la lumière de la foi chrétienne et de l’amour véritable a commencé à s’estomper chez les gens, notre mère patrie a perdu sa puissance et sa force, elle est tombée sous le joug» des forces athées qui ont «tenté d’en faire un désert spirituel».
Craintes du côté catholique
Du côté catholique, les craintes de nouvelles difficultés sont omniprésentes, car la mise en oeuvre de loi sur les étrangers, entrée en vigueur en novembre dernier, montre de «dangereuses lacunes», selon Mgr Clemens Pickel, évêque catholique de Saratov, sur la Volga. Le prélat d’origine allemande – il vient du diocèse de Dresden-Meissen, dans l’ex- Allemagne de l’Est – s’attend à de graves problèmes pour ces prochaines semaines, car les prêtres étrangers doivent sortir du pays à l’expiration de leur visa. Leur retour n’est pas garanti, car il n’est pas sûr qu’ils en obtiennent le renouvellement.
Pour l’évêque de Saratov, les relations entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique-romaine en Russie sont tendues en raison des activités pastorales et missionnaires catholiques. La situation n’est aggravée en février dernier avec l’érection de quatre diocèses catholiques sur le territoire de la Fédération de Russie. Plusieurs prêtres et l’évêque d’Irkoutsk ont été expulsés du pays.
Des contacts entre catholiques et orthodoxes réduits à néant
A la fin de cette semaine, le nonce apostolique Antonio Mennini prendra ses fonctions de nouvel ambassadeur du Vatican à Moscou. Mgr Pickel est confiant que le nouveau nonce, qui est un bon connaisseur de l’orthodoxie, pourra rétablir certaines choses. L’évêque de Saratov estime que le courant ne passe plus du tout entre Rome et le Patriarcat de Moscou, tandis qu’à la base, entre simples fidèles orthodoxes et clergé catholique, «il n’y a quasiment aucun contact». De tels contacts représenteraient visiblement un risque pour les interlocuteurs orthodoxes, affirme Mgr Pickel, un jeune évêque de 41 ans.
Cette année, à l’occasion de Noël et du Nouvel An, il n’a pas reçu un seul voeu des représentants de l’Eglise orthodoxe, ce qu’il qualifie de «vraiment pas bon signe». De toute façon, pour les autorités russes, en tant qu’évêque, il n’est «pratiquement personne», car son diocèse n’a pas été enregistré par l’Etat. En tant qu’étranger, il n’a pas la possibilité de faire reconnaître légalement son évêché. De plus, les 40 prêtres de son diocèse sont également tous étrangers, et doivent donc être au bénéfice d’une autorisation de séjour qui peut ne pas être prolongée. (apic/interfax/kna/be)




