face aux nouvelles du diocèse de Butare
Rwanda: consternation au Synode africain (010594)
Rome, 1ermai(APIC) La nouvelle selon laquelle Mgr Jean-Baptiste Gahamanyi, évêque de Butare au Rwanda, aurait été été interré vivant, a consterné
les membres du Synode africain à Rome. Selon l’abbé Patrick Hungerbühler,
vicaire épiscopal du diocèse, – également curé d’Alterswil dans le canton
de Fribourg en Suisse -, des prêtres qui se trouvaient auprès de l’évêque
auraient été enterrés vivants dans une termitière pour être littéralement
dévorés par les insectes.
Le vicaire épiscopal, interrogé par l’agence de presse catholique allemande KNA. a été chargé par les évêques rwandais, retenus par les événements dans leur pays, de les représenter au Synode des évêques pour l’Afrique qui s’est ouvert à Rome le 10 avril et se clôturera le 8 mai. L’agence
allemande a été incapable d’obtenir confirmation des précisions fournies
par le prélat.
Mgr Gahamanyi, qu’on présume enterré vivant, a été nommé évêque de Butare
en 1962. Bien que Tutsi, il a pris parti en 1959 pour la «révolution» rwandaise suscitée par les Hutus, majoritaires dans le pays. Un choix qui ne
lui a pas valu l’estime de tous dans son ethnie d’origine. Il fut l’ami du
premier président du Rwanda indépendant, Grégoire Kayibanda, qu’il avait
appris à connaître durant ses études.
«Comment est-ce possible?»
Au moment où l’on apprenait à Rome la triste nouvelle, – qui a jeté la
consternation parmi tous les membres du Synode – d’aucuns se posaient à
nouveau la question : «Comment est-ce possible ?» Un évêque burundais, Mgr
Evariste Ngoyagoye (Bubanza) l’avait explictement posée devant l’assemblée
synodale une semaine plus tôt. Il déclarait notamment, à propos du Rwanda
et du Burundi : «Ces pays comptent parmi les plus évangélisés de l’Afrique.
Comment dès lors comprendre ces violences meurtrières à une échelle aussi
vaste ? La clé de lecture de tout ce qui se passe sur le plan politique,
c’est d’abord les ethnies. Pour des raisons qu’il serait trop long d’exposer ici, les deux ethnies, dans leurs représentants les plus radicaux et
influents, se sont situées en termes d’antagonisme exclusif.»
Et Mgr Ngoyagoye de poursuivre : «Qu’a fait l’Eglise dans tout cela ?
Comme partout ailleurs, elle a prêché l’Evangile de l’amour, de la justice,
de la paix, du pardon et de la réconciliation. Elle a beaucoup contribué au
développement de l’enseignement, de la santé, etc. Ce travail a porté beaucoup de fruits. Au moment des tueries, nous avons constaté que les vrais
disciples du Christ, ceux qui ont témoigné de l’amour, parfois en donnant
leur vie pour sauver les voisins, étaient ceux qui ont réussi, par leur
foi, à dépasser leur appartenance ethnique pour aimer l’homme quel qu’il
soit, ceux qui ont refusé de sacrifier des êtres humains à l’autel de
«l’idole ethnie». Ces témoins sont nombreux. Pour que notre appel au pardon
et à la réconciliation soit possible, il faut nous aider à recentrer nos
efforts sur l’homme et sa dignité inaliénable. (apic/cip/ba)




