Rwanda: Des «infiltrés» hutus assassinent cinq religieuses rwandaises à Nyundo
Le couvent de Busasamana anéanti
Kigali, 12 janvier 98 (APIC) Cinq religieuses rwandaises de la Congrégation des Filles de la Résurrection ont été assassinées et deux autres grièvement blessées dans leur couvent de Busasamana, à 30 km de l’évêché de Nyundo, une région située à près de 300 kilomètres au Nord-Ouest de Kigali, dans la région frontalière avec la République démocratique du Congo.
Selon des sources officielles, les agresseurs, qui ont également assassiné le gardien du couvent et l’épouse du responsable de la communauté chrétienne locale, sont des «infiltrés». Ce terme désigne les soldats des ex-FAR, l’armée de l’ancien régime rwandais, et les milices hutues «interahamwe», qui ont trouvé refuge dans l’ex-Zaïre après le génocide des tutsis et hutus modérés.
Les assaillants, dont on ne connaît pas les motifs, ont attaqué sauvagement les religieuses par balles et à la machette, a déclaré lundi à l’APIC un porte-parole de la Conférence épiscopale catholique du Rwanda, à Kigali. Les deux religieuses survivantes, dont l’une est dans un état désespéré, ont été acheminées à l’hôpital de Gisenyi.
L’attaque s’est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi, mais la Conférence épiscopale ne l’a appris que samedi, avant même l’évêché de Nyundo. Dans cette région de volcans, où règne une grande insécurité, les communications ne se font plus que par radio et les déplacements sont périlleux.
Accompagnés d’une escorte militaire, les prêtres de Nyundo sont venus à Busasamana lundi matin récupérer les corps pour les enterrer dans l’après-midi à Nyundo. Les prêtres de Busasamana avaient déjà quitté la paroisse il y a quelque temps pour des raisons de sécurité. (apic/be)



