L’évêque de Gikongoro risque la peine de mort
Rwanda: Mgr Misago dans l’attente du verdict du tribunal de Kigali, jeudi
Kigali, 13 juin 2000 (APIC) Le tribunal de Kigali émettra jeudi matin le verdict contre Mgr Augustin Misago, l’évêque de Gikongoro arrêté le 14 avril 1999 pour sa présumée complicité dans le génocide de 1994. Le prélat risque la peine de mort en cas de condamnation. Cette sentence a du reste été demandée en avril par le procureur général.
Selon les déclarations faites à l’Agence vaticane Fides par une des rares personnes qui ont eu l’occasion de le visiter durant ces derniers jours, l’évêque «attend le jugement avec sérénité et dans la prière. Aujourd’hui encore, comme tous les matins, il a célébré la messe devant le petit tabernacle de son lieu de détention, séparé des autres 8’000 détenus de Kigali par un mince rideau.
Fides relève que les preuves à sa charge, comme l’a souligné la défense lors de la plaidoirie finale, sont inconsistantes: «Il s’agit uniquement de témoignages indirects et d’allégations. Parmi les quelques témoignages directs, on compte celui de Jérôme Rugema (âgé aujourd’hui de 20 ans) qui, selon l’accusation, aurait trouvé la mort, comme d’autres jeunes, à cause de l’évêque».
Le jeune homme en question a affirmé dans son témoignage du 1er décembre 1999 devoir, au contraire, la vie à l’intervention de l’évêque. Un autre témoin en faveur de l’évêque a déclaré avoir reçu des menaces visant à l’empêcher de témoigner pour la défense de Mgr Misago.
Le 20 mars dernier, lors de la dernière audience, le ministère public a présenté seulement 3 documents, dont une vidéocassette qui ne fait que montrer l’évêque en conversation avec des journalistes. La partie civile a produit 9 documents, dont des articles de journaux qui diffament l’évêque et l’Eglise. La défense, par contre, a présenté 18 documents qui démontrent que Mgr Misago a toujours lutté pour éviter les conflits ethniques. Parmi ces documents, figure une déclaration sous serment du Cardinal Roger Etchegaray. (apic/fides/pr)



