Une quinzaine de prêtres et religieux catholiques toujours en prison
Rwanda: Un religieux catholique condamné à mort pour participation au génocide
Kigali, 30 octobre 1998 (APIC) Un religieux catholique de Kabgayi, frère Dominique Savio Rwesero, a été condamné à mort par un tribunal spécial de Gitarama pour participation au génocide de 1994 qui a entraîné la mort de près d’un million de Tutsis et de Hutus modérés. L’information reprend une nouvelle de la radio rwandaise captée à Nairobi.
Le religieux joséphite a été déclaré responsable de la mort de nombreux confrères et d’autres catholiques qui avaient trouvé refuge dans le couvent et les locaux du diocèse de Kabgayi. En avril dernier déjà, deux prêtres catholiques de Kibuye avaient été condamnés à mort pour génocide et assistance à génocide. Ils ont entre-temps fait recours et n’ont pas été exécutés.
Les abbés Edouard Nturiye, 49 ans, ancien recteur du séminaire de Nyundo, et Emmanuel Kayiranga, 46 ans, vicaire dans le même diocèse, sont accusés d’avoir, en 1994, utilisé leur position pour contribuer au massacre. Ils auraient ainsi en avril 1994 averti des miliciens hutus de la présence de quelque 8’000 réfugiés tutsis dans l’église de Nyange, près de Kibuye. Après le massacre des réfugiés, ils auraient fait raser l’église au bulldozer. Dans un premier temps les deux prêtres avaient été accusés du massacre de 60 tutsis au petit séminaire de Nyundo.
Selon des milieux d’Eglise rwandais contactés par l’Agence APIC, dans certains procès, les accusations trouvent leurs sources dans des jalousies qui divisent le clergé rwandais. «Les gens ont peur de témoigner. Les accusations de génocide sont fatales pour ceux qui en sont victimes, c’est une façon imparable d’éliminer des rivaux», témoigne un prêtre qui tient à garder l’anonymat. Selon des sources proches des deux prêtres, citées par l’agence missionnaire italienne Misna, ces accusations seraient dénuées de fondements et les conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès des deux prêtres de Kibuye n’auraient pas permis aux accusés de se défendre. Leur innocence a été prouvée par de nombreux témoignages fournis en majorité par des tutsis, ajoute Misna.
Les cas d’autres prêtres et de plusieurs religieuses sont encore pendants devant les tribunaux. Actuellement, une quinzaine de prêtres et de religieux sont emprisonnés au Rwanda sous l’accusation de participation au génocide de 1994. (apic/kna/fides/misna/be)



