Lettre ouverte de protestation au gouvernement rwandais et au pouvoir
/rwanda-vatican/5 nouvelles/bia-bol-jmg/
militaire de Kigali =
Bruxelles, 18 avril 1995 (CIP)
L’agence ANB-BIA a publié mardi une lettre ouverte de protestation que
l’Association des groupes de défense des Droits de l’homme et des Forces
vives du Sud-Kivu a adressée au gouvernement rwandais et au pouvoir
militaire de Kigali suite aux massacres de réfugiés dans le camp de Birava
à Bukavu (Zaïre).
Dans la nuit du 11 au 12 avril, de 22h à minuit, de 50 à 100 militaires du
Front Patriotique Rwandais (FPR) ont attaqué sauvagement le camp des
réfugiés rwandais de Birava, au nord de Bukavu, massacrant 34 personnes,
dont 4 zaïrois, et blessant grièvement plus de 54 autres, qui ont été
transférées à l’hôpital d’Adi-Kivu et à l’hôpital général de Bukavu,
affirme l’association. Les morts et les blessés graves sont en majorité des
femmes et des enfants. Au camp de Birava, c’est l’horreur: des rangées
entières du campement détruites, du sang partout…
Ce commando du F.P.R., venu du Rwanda à bord de trois barques à moteur via
les îles Nkombo (Rwanda) et Ibinja (Zaïre), qui surplombent le camp, a tué
à l’arme lourde, à la grenade, à la roquette et au couteau; il a aussi
détruit, entre autres, la maison contenant le stock de médicaments destinés
aux réfugiés, affirme la lettre. Selon les témoins, les assaillants étaient
«couverts» par des mitrailleuses lourdes situées sur les collines des îles
Nkombo et Ibinja et ils se sont repliés en direction du Rwanda.
Les groupes de défense des droit de l’homme et les forces vives du SudKivu protestent contre «ces actes inqualifiables commis sur des personnes
innocentes, contre cette violation du territoire zaïrois et contre ces
violations des droits élémentaires de la personne». Ils attirent
l’attention du gouvernement rwandais et du pouvoir militaire de Kigali
contre la répétition de ces violations du territoire national par des
soldats du F.P.R. Ceux-ci, au début de cette année, ont tué plusieurs
pêcheurs et commerçants zaïrois voyageant sur le lac Kivu en territoire
zaïrois; le dimanche 26 mars, à Panzi, ils ont tiré en direction du Zaïre;
dans la nuit du 28 au 29 mars, au large de la baie d’Amani, au Zaïre, ils
ont tué trois pêcheurs zaïrois. Dernièrement, 26 militaires du F.P.R. en
civil ont été appréhendés dans la ville de Bukavu et ramenés par la suite à
la frontière.
Ces actes répétés «pourraient pousser la population du Sud-Kivu à des
actes- regrettables – nuisibles aux intérêts des Rwandais proches de Kigali
dans notre province et au Zaïre», affirment les signataires, demandant au
gouvernement du Zaïre d’»assurer effectivement l’intégrité du territoire et
la sécurité dans la région».
Parmi les signataires figurent plusieurs ecclésiastiques et des
représentants des religieux, du groupe Jérémie et de la Commission Justice
et Paix de l’archidiocèse de Bukavu. (cip-bia)




