«S’il y a une révolution, elle n’aura pas lieu avant octobre 2015»
Rome: Pour le supérieur général des jésuites, l’Eglise est engagée dans un long processus
Rome, 17 octobre 2014 (Apic) L’Eglise est engagée dans un «long processus» avec le Synode des évêques sur la famille. Et si elle s’achemine vers une «révolution», celle-ci aura lieu en octobre 2015, lorsque se conclura la 2e phase de cette assemblée. C’est ce qu’a affirmé à l’agence I.MEDIA le Père Adolfo Nicolas Pachon, supérieur général de la Compagnie de Jésus et membre de la commission chargée de rédiger le document final de ce premier synode.
Aux yeux de celui que l’on surnomme le «pape noir», il ne s’agit pas de changer la doctrine mais bien de discerner la «discipline la mieux adaptée pour notre époque» concernant la famille.
I.Media: Va-t-on vers un rapport final très différent du document de mi-parcours?
Père Adolfo Nicolas Pachon: Je ne crois pas. Nous y travaillons. Il y aura des changements, naturellement, surtout sur des points où plusieurs groupes se rejoignent. Nous en tiendrons compte, mais il n’est pas question de changements radicaux.
I.Media: Plusieurs medias ont parlé de révolution. Est-ce exagéré, selon vous?
Père Pachon: Je crois que oui, car parler de révolution dans le cadre d’un long processus qui doit se terminer en octobre 2015, c’est un peu prématuré. On ne peut pas parler de révolution, il faut attendre l’année prochaine.
I.Media: Et l’année prochaine, on pourra peut-être parler de révolution?
Père Pachon: Peut-être, oui. Mais en parler maintenant revient à anticiper ce qui pourrait se passer. Les décisions arriveront l’année prochaine. Pour le moment, nous sommes à l’étude, nous essayons de comprendre, de passer en revue les problèmes. Et ce que l’on fait, dans quelle direction se dirige l’Eglise, sera décidé l’année prochaine.
I.Media: Peut-on parler d’un synode historique?
Père Pachon: Oui, car il touche des situations très concrètes de la vie des gens. Nous avons tous grandi dans une famille. Il s’agit d’un problème très concret, très pastoral, avec une discipline très stricte et plutôt différente de la discipline en cours dans la société. C’est pour cela qu’il y a des tensions et la préoccupation de ne pas se laisser influencer par la mentalité dominante, par des idéologies ou par des programmes politiques mais demeurer fidèles à l’Evangile.
Mais personne ne cherche à changer la doctrine, cela a été dit clairement et publiquement dès le début. Nous n’allons pas nous mettre à changer le christianisme aujourd’hui. Il s’agit de voir quelle serait la discipline la mieux adaptée pour not re époque, en réponse aux expériences et aux problèmes des gens. (apic/imedia/bl/mm/bb)



