S’intégrer c’est participer
En Suisse, le thème de l’intégration est depuis quelques temps au centre des débats politiques. Certains milieux ne se font pas faute de dénoncer la «criminalité étrangère», d’autres rappellent les conditions de vie souvent difficiles pour les immigrés en Suisse. Dans une brochure de 60 pages, Caritas Suisse s’efforce de dépassionner le débat et de fournir une série de critères d’appréciation en vue d’une intégration réussie.
L’intégration est un processus complet et complexe qui commence par la reconnaissance mutuelle, elle concerne donc l’ensemble de la population, souligne Simone Prodolliet, l’auteur de l’étude. L’intégration réussie trouve son expression dans un sentiment d’appartenance et dans une participation active aux processus sociaux. Au lieu de combattre les symptômes d’une situation conflictuelle il faut établir les bases d’une cohabitation harmonieuse. Simone Prodolliet cite l’Etat de droit, la liberté d’expression, la dignité de la personne, l’égalité des chances. Autant de principes qui stipulent l’octroi des mêmes droits et des mêmes devoirs aux immigrés après un certain temps de résidence, notamment au plan politique.
L’intégration renvoie aussi obligatoirement à la perception de sa propre identité. Il s’agit souvent d’un rapport inconscient avec l’inconnu, le non-familier, l’étranger, ce qui vaut non seulement pour les Suisses, mais aussi pour les immigrants. Or la Suisse est de facto un pays d’immigration. Cette réalité doit être acceptée. Le fait que cette immigration a enrichi la Suisse sur le plan humain, économique et social est également une réalité indéniable.
Enfin les problèmes qui naissent avec la vie communautaire ne peuvent pas uniquement être ramenés à l’origine étrangère, mais trouvent souvent leurs causes dans les inégalités sociales grandissantes dans le pays. Dans ce contexte, il faut abandonner à la fois l’image de l’ennemi et celle de la victime, conclut Simone Prodolliet. (apic/mp)



