Irlande: Le cardinal Sean Brady de plus en plus sous pression
Sa démission exigée par des représentants des victimes
Dublin, 15 mars 2010 (Apic) Le cherf de l’Eglise catholique d’Irlande, le cardinal Sean Brady subit de plus en plus de pressions qui l’appellent à démissionner. Motif: son silence face aux abus sexuels. Pour les représentants des victimes, le cardinal a perdu toute crédibilité et doit se retirer. Le prélat a rejeté toute idée de démission dans l’après-midi du 14 mars.
Les médias ont rapporté vendredi que le cardinal Brady avait reconnu que, comme secrétaire de l’évêque de Kilmore en 1975, il avait participé à des pourparlers avec des victimes d’abus de la part d’un prêtre, au cours desquels deux adolescents avaient été obligés sous serment à faire silence sur les délits. L’auteur de ces derniers, Brendan Smyth, avait été traduit en justice uniquement dans les années 1990 et condamné à 12 ans de prison. Il aurait abusé de plusieurs dizaines d’enfants. En 1994, son cas avait joué un rôle dans la chute du gouvernement irlandais.
Les représentants des associations de victimes ont expliqué que de nombreux jeunes auraient pu éviter ces mauvaises expériences si Brendan Smyth avait déjà été poursuivi en justice dans les années 1970.
Le cardinal Brady a ajouté que trois semaines après la rencontre à Kilmore Brenda Smyth avait été libéré de ses devoirs sacerdotaux. A la question de savoir pourquoi il n’avait pas alerté les autorités civiles, le prélat a répondu que comme simple secrétaire de l’évêque il n’était pas autorisé à une telle démarche.
Sommet de crise au Vatican
A mi-février, les évêques catholiques d’Irlande ont rencontré le pape au Vatican pour un sommet de crise. Au cours des mois précédents, l’Eglise irlandaise a été frappée par des scandales d’abus sexuels, qui remontaient dans les années 1970. En mai 2009, un rapport établissant que depuis longtemps déjà plus de 2’000 enfants avaient été victimes d’abus et de maltraitance dans des institutions religieuses. Eglise et Etat, affirmait le rapport, auraient délibérément fermé les yeux devant ces faits.
La Commission mandatée par le gouvernement et placée sous la direction de la juge Yvonne Murphy avait déposé son rapport en novembre: elle concluait en disant que l’archevêché de Dublin avait systématiquement et depuis longtemps dissimulé des cas d’abus commis par des prêtres sur des enfants. Les responsables de la Conférence des évêques irlandais avaient présenté leurs excuses aux victimes. Un évêque diocésain avait vu sa démission acceptée par Rome. Plusieurs autres évêques ont, à la fin de l’année passée, présenté leur démission. (apic/kna/



