Oser affronter le problème
Saint-Gall: Informer les gens d’Eglise sur les risques de la pédophilie
Saint-Gall, 31 août 2007 (Apic) Le «groupe de travail contre les abus sexuels du diocèse de Saint-Gall» veut sensibiliser les gens au service de l’Eglise au thème du harcèlement et de l’abus sexuels. Il édite à cet effet un memorandum.
«Dans le passé, quelques gens d’Eglise se sont rendus coupables de tels actes répréhensibles», déclare le prêtre Georg Schmucki, représentant du groupe de travail, lors de la présentation du memorandum au décanat de Saint-Gall. Il s’agit d’éviter que de tels abus ne se reproduisent à l’avenir. En 2002, un abus sexuel commis sur un enfant avait été dévoilé dans le diocèse de Saint-Gall; il avait fait la une des journaux dans le pays. L’évêque d’alors, Mgr Ivo Fürer, avait immédiatement réagi en constituant un «groupe de travail contre les abus sexuels».
Dès le début Georg Schmucki, prêtre de l’unité pastorale d’Uzwil et aumônier de prison, a travaillé comme répondant du groupe. Le nombre d’abus, ces dernières années, reste un secret. «Je ne fais pas de statistiques» déclare Georg Schmucki. Il est cependant important de savoir que de nombreux cas qui lui ont été signalés se sont passés avant la création du groupe de travail. Dans les cinq dernières années, le groupe a rendu possible la rencontre des victimes et de leurs agresseurs, afin de clarifier des histoires qui dataient de quelques années déjà. Il a également traité les questions de prétentions financières pour dédommagement de la part de victimes présumées.
Harcèlements et abus sexuels
Pour empêcher des actes pédophiles par des gens d’Eglise dans le diocèse de Saint-Gall, le groupe de travail compte sur la franchise des gens et sur l’information. Un nouveau memorandum rend attentifs les gens d’Eglise au fait que les actes sexuels avec des enfants de moins de 16 ans, même si ceux-ci sont consentants, sont punis par la loi. Le document établit encore la distinction entre harcèlement et abus sexuel. Tout comportement sexuel qui n’est pas désiré par l’une des parties est considéré comme harcèlement sexuel, peut-on lire dans le papier. «On parle d’abus sexuel lorsque des personnes actives au sein de l’Eglise utilisent leur position accordée par leur poste ou la tâche qui leur est confiée, engendrant ainsi un comportement de dépendance, pour assouvir leurs propres désirs ou besoins sexuels.» Une grande partie du document est composée d’adresses de professionnels chez qui les victimes et les agresseurs peuvent trouver de l’aide.
Proximité et distance
Pourquoi les gens d’Eglise risquent-ils de devenir des agresseurs? Selon le prêtre, «la tâche d’aumônerie est très proche des gens, mais il faut garder une certaine distance.» Cette capacité de prendre la bonne distance n’est pas simple et peut aussi engendrer surmenage. Plusieurs fois déjà, des abus sexuels dans l’environnement de l’Eglise ont choqué les gens. Georg Schmucki comprend que de tels cas «déclenchent la colère». «Les gens d’Eglises ont un grand potentiel de confiance, et lorsque l’on en abuse, la désillusion est d’autant plus grande.» On ne peut exclure de nouveaux comportements de ce genre à l’avenir, affirme le répondant du groupe. C’est pourquoi il est convaincu qu’une structure ouverte de dialogue est nécessaire. Les diocèses qui se taisent sur ce thème agissent, selon lui, de façon négligente. (apic/cath-ch/gs/js)




