entre dans une phase de maturité
Saint Jacques de Compostelle: le mouvement oecuménique (100893)
La délégation catholique romaine bien intégrée
Saint-Jacques-de-Compostelle, 10août(APIC) Réunis depuis le 4 août à
Saint-Jacques de Compostelle, les 205 délégués de la cinquième Conférence
mondiale de «Foi et Constitution» poursuivent leur travail de réflexion et
de discussion en sections et en groupes. Plusieurs observateurs estiment
que le mouvement oecuménique, dans cette halte en Galice, entre dans une
phase de maturité. Une maturité démontrée par la présence de jeunes théologiens et par la bonne intégration de la délégation catholique romaine.
L’actif de Foi et Constitution, parfois peu connu dans les communautés
chrétiennes, peut se résumer par trois publications importantes:
Le rapport sur Baptême, Eucharistie et Ministère (BEM) que Mary Tanner,
présidente de la Commission, souhaite présenter à nouveau aux Eglises pour
qu’elles continuent à concrétiser ses recommandations, même s’il semble
difficile aujourd’hui d’aller beaucoup plus loin.
Le document «Eglise et monde» met l’accent sur l’Eglise en tant que mystère et signe prophétique pour le monde et sur la nécessité, pour son témoignage, d’oeuvrer à un renouvellement en vue de l’unité de la communauté
humaine toute entière.
La troisième publication «Confesser la foi commune» est probablement
plus d’actualité puisque les pistes de travail proposées à la Commission y
font directement référence.
Les perspectives de nouveaux objectifs pour Foi et Constitution se concentrent toutes sur la façon de poursuivre aujourd’hui sa vocation initiale
à savoir l’unité visible de l’Eglise. Pour Mary Tanner, la tâche qui attend
la Commission consiste à rédéfinir – formuler «une nouvelle vision»- de ce
que pourrait être l’unité visible, celle-ci devant être réinterprétée à la
lumière du concept de «koinonia». Celle-ci outre qu’elle détourne notre attention de nos divisions, a le mérite de fixer un nouvel ordre à nos priorités: Dieu, le monde, l’Eglise.
Une phase de maturité
S’il est encore trop tôt pour dire dans quelle voie va s’engager Foi et
Consitution, on peut d’ores et déjà dégager quelques enseignements. Le premier mot qui vient à l’esprit pour caractériser le mouvement oecuménique
dans sa halte à Saint-Jacques de Compostelle est celui de la maturité. La
tenue des débats le montre bien. Comme le fait remarquer G. Gassmann, directeur de Foi et Constitution, «aujourd’hui on ne quitte plus la salle
quand on n’est pas d’accord avec ce qui s’est dit. Au contraire on cherhce
à comprendre autant qu’à faire partager son point de vue». Preuve que la
période juvénile est aujourd’hui passée. Mais la maturité ne signifie pas
vieillissement. La présence, en plus des délégués et des consultants, de
«jeunes théologiens» montre que le mouvement a porté ses fruits et constitue un signe encore plus évident de cette maturité. C’est donc sans rupture
ni crise de jeunesse que cette nouvelle génération prendra le relai le moment venu.
Intégration naturelle de la délégation catholique
Un signe évident de cette maturité: «l’intégration» toute naturelle de
la délégation catholique-romaine. Celle-ci semble faire partie de Foi et
Constitution depuis toujours et ne constitue pas un groupe à part, différent ou jouant un rôle particulier dans la Conférence. Il est d’ailleurs
caractéristique que l’on ne puisse parler d’une position catholique identifiable depuis le début des travaux.
L’autre enseignement que l’on peut tirer concerne le rôle spécifique de
Foi et Constitution. Il semble que la Commission théologique du Conseil oecuménique des Eglises (COE) ait maintenant bien trouvé ses marques dans
l’ensemble du mouvement oecuménique. Foi et Constitution entend parler de
sa seule et propre autorité et n’a pas de prétention synodale, encore moins
de parler au nom des Eglises. Elle offre par contre à ces mêmes Eglises un
lieu de débat théologique et seulement théologique. Foi et Constitution ne
souhaite pas déborder de ce cadre ni aborder les implications éthiques ou
sociales de ses réflexions. A d’autres instances de le faire.
Cela n’empêche pas, précise G. Gasmann, de travailler dans la perspective d’un lien profond et permanent entre la réflexion théologique, le culte
et les problèmes du monde. Il est vrai que c’est de cette capacité à établir ce lien que dépendra l’impact des travaux. (apic/com/ba)




