Saint-Maurice: conférence du Père Jean Vernette (190289)

«La recrudescence des sectes, question posée aux Eglises»

Saint-Maurice, 19février(APIC) Quelque 70 personnes se sont rassemblées

samedi 18 février au Foyer franciscain, à Saint-Maurice, pour écouter le

Père Jean Vernette, vicaire général du diocèse de Montauban (FR) et spécialiste des nouveaux mouvements religieux, s’exprimer à propos du thème «La

recrudescence des sectes, question posée aux Eglises». Le Père Vernette

était pour l’occasion l’invité d’un groupe valaisan pour l’éveil pastoral.

Son exposé a éclairé chacun sur les différents types de sectes, il a aidé à

cerner les motivations des adhérents, tout en proposant des orientations

pour une action chrétienne cohérente et réaliste en face de l’actuelle multiplication des mouvements religieux.

Constatant la résurgence du religieux et le foisonnement des sectes dans

le monde d’aujourd’hui, le Père Vernette a d’abord distingué deux types

fondamentaux de sectes: la première vague, venue il y a trente ans des mouvements pentecôtistes des Etats-Unis, qui a pris en Europe la forme de communautés charismatiques; la seconde, née de la fascination de l’Orient, qui

a poussé des jeunes à la révolte en constatant le manque d’humanisme de la

vie moderne. Il a en outre souligné la nécessité de distinguer le contenu,

la valeur des personnes et les méthodes: «Une doctrine objectivement dangereuse peut rassembler des personnes engagées dans une recherche spirituelle

sincère, de même que des objectifs merveilleux peuvent se heurter à des

méthodes critiquables», a-t-il dit.

Classer, discerner, évaluer

Classer, discerner et évaluer sont, selon le Père Vernette, les trois

étapes d’un constat objectif sur les sectes. Un classement qui va des Eglises de paroisse et de mouvements à l’occulte et l’irrationnel, en passant

par les courants issus du pentecôtisme souvent fanatiques et les mouvements

syncrétistes. Ces derniers ont des exigences éthiques poussées; ils exercent sur leurs membres une pression qui encourage l’élitisme et les mouvements venus de l’Orient qui proposent des techniques de méditation. Un

discernement éclairé consiste à percevoir les tendances sectaires marquées

par une aliénation des personnes, la manipulation de la Parole de Dieu, la

fermeture du groupe et les procédés de marketing. Une telle évaluation doit

prendre en compte les conditions géographiques et sociologiques de l’implantation des sectes.

Selon le conférencier, une secte se définit notamment par la conscience

d’appartenir à un groupe qui détient le monopole de la vérité, ou encore la

sufffisance du groupe.

Quelles motivations?

Pourquoi entre-t-on dans une secte? Le Père Vernette énumére quatre raisons: le besoin d’une communauté, d’un lieu de relations ou l’on est

écouté; le besoin religieux et de sacré, d’un «supplément d’âme»; le besoin

de sécurité et de repères fixes; enfin, une déception ou encore l’enthousiasme motivé par un rêve de plénitude personnelle.

Le prêtre, qu’est le Père Vernette, s’est également interrogé sur la manière de réagir en chrétien face à la recrudescence des sectes. Il a proposé plusieurs orientations d’action pour un «christianisme tonique». Parmi

celles-ci, notamment: apprendre à lire les signes des temps pour garder

«allumer la flamme vacillante de notre âme»; être attentifs aux besoins

réels des jeunes, à la communion fraternelle et à la dimension mystique de

l’Eglise. (apic/gc/pr)

19 février 1989 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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