Saint-Maurice: Le Valais a célébré ce week-end la 38e Journée de prière pour les vocations

«Priez le maître d’envoyer des ouvriers pour sa moisson»

Saint-Maurice, 6 mai 2001 (APIC) La 38ème Journée mondiale de prière pour les vocations a été céléébrée le 6 mai en Suisse romande, du Jura à Neuchâtel, de Genève à Fribourg en passant par Vaud et le Valais.

A Saint-Maurice, en particulier, l’événement a été vécu par le biais d’un week-end, qui a permis aux jeunes séminaristes de se retrouver samedi déjà, et aux confirmands de les rejoindre le lendemain. Un pèlerinage parti de plusieurs localités valaisannes a enfin permis aux fidèles de converger dimanche vers Saint-Maurice, où une célébration eucharistique a mis dans l’après-midi un point final à ces journées.

La fête avait débuté samedi après-midi, avec l’accueil des séminaristes et des jeunes, filles et garçons de communautés nouvelles, par Mgr Joseph Roduit, Abbé de Saint-Maurice, dans le cadre impressionnant de l’abbatiale. Ce dernier a rappelé le sens de cette Journée de prière pour les vocations, avant que Mgr André Perraudin, ancien archevêque de Kabgayi, au Rwanda, ne parle de l’expérience qui l’a conduit de l’enfance au séminaire, puis en mission en Afrique.

Face aux réélles difficultés que connaît l’Eglise en matière de vocations, Mgr Perraudin a voulu relativiser, en rappelant la forte croissance des vocations en Afrique et en Asie, notamment. «En 1956, au cours d’une session d’évêques de plusieurs pays de la région, sur 80 évêques, 3 seulement étaient des Africains». Trente ans plus tard, se souvient-il, la tendance s’était inversée. «Nous n’étions plus que trois évêques européens».

«Dieu ne choisit pas des gens capables, mais il rend capable les gens»

Dans un monde occidental soumis aux pressions d’une société le plus souvent alignée sur les valeurs matérielles, n’est-il pas aujourd’hui archaïque de choisir le séminaire, le sacerdoce? «Pas facile, c’est vrai!», convient Damien Frossard, jeune séminariste valaisan de 28 ans. «Dieu ne choisit pas des gens capables, mais il rend capable les gens», dit-il, convaincu. Damien sait de quoi il parle, lui qui a connu très tôt dans sa jeunesse une vie pour le moins débridée. «A 22 ans, j’étais loin de l’Eglise. Tès loin. Jusqu’à une certaine veillée pascale, quelques années plus tard…».

La lettre des évêques

La Journée mondiale de prière pour les vocations a pour but de rappeler ces mots du Seigneur: «Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson» (Mt 9, 38 ; Lc 10, 2) et de promouvoir en conséquence, chaque année, la prière de toute la communauté chrétienne à cette intention, indique la Conférence des évêques suisses (CES) dans son message pour cette journée. Cette Journée, relèvent les évêques, «réaffirme le primat de la foi et de la grâce quant au souci de la communauté chrétienne pour les vocations à la vie consacrée».

La CES rappelle que tout en accordant la même valeur à toutes les vocations, l’Eglise se propose ici de souligner de façon spéciale celles ayant trait à la vie consacrée et à sa préparation dans le ministère presbytéral et diaconal, dans la vie religieuse et ses différentes expressions; dans les communautés apostoliques et les instituts séculiers aux multiples fonctions; dans la vie missionnaire au sens strict de la «missio ad gentes».

Comprendre

Cette première année du millénaire sera consacrée par l’Eglise aux vocations. Pour la CES, il serait heureux que cette Année des Vocations nous aide à toujours mieux comprendre les causes et les signes de leur crise actuelle.

Le message du pape Jean Paul II, publié il y a plusieurs semaines à Rome, contient du reste d’importants éléments de réflexion et invite les chrétiens à reconnaître toute vie comme vocation et chaque homme et femme comme don de Dieu au monde (Populorum Progressio, 15). Le thème de cette année 2001, «Toute vie est vocation», en est d’ailleurs inspiré.

Crise des vocations

La «crise des vocations» est une épreuve, écrivait récemment le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles. «Elle est un peu comparable au temps de l’exil, temps d’épreuve, mais aussi temps béni où le peuple a expérimenté la tendresse de Dieu. Qu’est-ce que Dieu veut nous dire par cette épreuve que nous traversons?»

Car la Suisse n’est pas non plus épargnée par la crise des vocations. Sans compter les jeunes qui sont en «année de discernement», il y a actuellement 37 séminaristes en Suisse Romande, indique l’abbé Pascal Desthieux, aumônier du Centre romand des vocations (CRV) à Lausanne. Actuellement, 6 jeunes vivent «l’année de discernement», une année d’introduction avant de commencer le séminaire. Cette année offre une formation spirituelle et des moyens pour discerner la vocation sacerdotale.

27 diacres permanents

Selon la revue «Vocation», de mars 2001, en cette première année du nouveau millénaire, douze jeunes diacres seront ordonnés prêtres. Lors de l’année du Grand Jubilé 2000, 4 Sœurs et 3 Frères se sont engagés dans la vie religieuse en faisant leur profession temporaire, un religieux et deux religieuses se sont engagés pour la vie en faisant leur profession solennelle.

Durant l’Année Sainte, l’Eglise de Suisse romande a eu la joie de célébrer 13 ordinations diaconales, 8 ordinations presbytérales et une ordination épiscopale, celle de Mgr Denis Theurillat. Pour mémoire, 10 jeunes ont été ordonnés prêtre en 1999, 5 en 1998, 7 en 1997 et 6 en 1996. Parmi les ordinations diaconales, un Jurassien a été ordonné au diaconat permanent. Les diacres permanents sont actuellement 27 en Suisse romande. (apic/pr)

6 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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