Les partisans de sa béatification attendent toujours un signal
Salvador: Cérémonie pour l’anniversaire de l’assassinat de Mgr Romero, le 24 mars 1980
San Salvador, 23 mars 2006 (Apic) L’Eglise catholique du Salvador a commencé cette semaine les cérémonies commémoratives pour marquer le 26e anniversaire de l’assassinat de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, en Amérique centrale, assassiné par des militaires le 24 mars 1980.
Aujourd’hui au Salvador et en Amérique latine, les partisans de sa béatification attendent toujours un signal. Il est vrai que les adversaires de cette béatification sont également nombreux.
Le 24 mars 1980, Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, était en effet assassiné alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence de la capitale salvadorienne. Pendant ses obsèques, le 30 mars 1980, l’armée avait tiré sur la foule, faisant plusieurs dizaines de victimes. Une commission de l’ONU avait établi que son assassinat avait été ordonné par des militaires de son pays, sur ordre de supérieurs de l’extrême droite salvadorienne, au pouvoir à l’époque dans ce pays en pleine guerre civile.
Les escadrons, sur ordre du major d’Aubuisson
Plusieurs rendez-vous marqueront cette commémoration: conférences, débats. indique Mgr Ricardo Urioste, président de la Fondation Romero. Des témoignages seront également entendus, 26 ans après cet assassinat. Point d’orgue de ces manifestations: une procession aux flambeaux partira de la Plaza «El Salvador», située au centre de la capitale, pour se diriger vers la cathédrale, où l’évêque de Santiago de Maria, dans l’est du pays, Mgr Orlando Cabrera, présidera une messe.
Une «Commission de la vérité», créée par l’ONU pour enquêter sur les atrocités commises à l’époque par le pouvoir, avait également établi la culpabilité du major de l’armée Roberto d’Aubuisson, qui dirigeait alors les escadrons de la mort, qui assassinèrent entre autres Mgr Romero. D’Aubuisson est mort en 1992.
Prudence et optimisme
Réclamée, la béatification de Mgr Romero tarde pourtant à connaître une avancée significative, estiment les partisans de sa béatification, nombreux au Salvador et en Amérique latine. Le postulateur de la cause de Mgr Oscar Romero, Mgr Vincenzo Paglia, évêque de Terni (Italie), se montrait cependant optimiste pour la cause qu’il défend. Il assurait en septembre dernier à Rome que le pape Benoît XVI «regardait cela d’un oeil positif».
Comme pour toute béatification, le processus officiel a commencé pour Mgr Romero lorsque son archidiocèse a mis en place, en 1993, un tribunal ecclésiastique spécial chargé d’examiner ses homélies, ses écrits et ses lettres personnelles. Ce même tribunal a aussi collecté des témoignages concernant les quatre années passées par l’évêque à la tête du diocèse. Envoyés au Vatican en 1997, les résultats de cette enquête préliminaire ont été remis à la Congrégation pour la cause des saints. Mais, pour des raisons idéologiques, la cause a été bloquée jusqu’à aujourd’hui par la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Nombreux sont ceux qui se sont opposés à cette béatification, avait effectivement reconnu Mgr Vincenzo Paglia. (apic/ag/arch/pr)



