L’Etat continue à ne pas reconnaître sa responsabilité
Salvador: L’assassinat de Mgr Roméro devant la Cidh
San Salvador, 11 octobre 2007 (Apic) L’État salvadorien continue à «ne pas reconnaître sa responsabilité» dans le meurtre de Mgr Oscar Arnulfo Romero, assassiné en 1980, après avoir ignoré les recommandations que la Commission interaméricaine des droits de l’homme (Cidh) lui avait adressées.
L’accusation émane de l’avocat de l’archevêché, David Morales, du Bureau de Protection légale de l’archevêché de San Salvador, lors de son intervention devant la Cidh, réunie en session à Washington.
«Jusqu’à présent, l’État du Salvador a transformé le cas de Romero en un symbole d’impunité», a déclaré David Morales, cité par Misna. Il a rappelé les trois requêtes formulées par la Cour le 13 avril 2000: «Réaliser une enquête judiciaire complète» qui permette de sanctionner les responsables; procéder à l’»indemnisation» des victimes et «adapter sa législation interne à la Convention américaine des droits de l’homme pour rendre sans effet la loi d’amnistie générale». Une loi émise sous le gouvernement du président Alfredo Cristiani (1989-1994), qui a de ce fait empêché d’enquêter sur les crimes commis pendant la guerre civile (1980-1992).
Le commissaire de la Cidh pour le Salvador, Victor Abramovich, a rappelé qu’il s’agit de recommandations «contraignantes pour l’État» et a demandé au gouvernement du président Antonio Saca «des mesures concrètes» pour leur mise en pratique.
Mgr Romero, «voix des sans voix», a été assassiné le 24 mars 1980 alors qu’il célébrait une messe dans un hôpital pour des malades du cancer, dans la capitale. Selon la ’Commission de Vérité’ des Nations Unies, créée dans le but d’élucider les atrocités du conflit interne, c’est le major de l’armée salvadorienne Roberto d’Aubuisson qui donna l’ordre de tirer sur le religieux. Roberto d’Aubuisson est décédé en 1992 sans jamais avoir été poursuivi en justice. (apic/misna/pr)



