Une police impliquée dans de nombreux crimes

Salvador: L’Eglise réclame une épuration dans la police

San Salvador, 6 juin 2000 (APIC) Les évêques du Salvador ont demandé aux autorités une rapide épuration de la «Policia Nacional Civil» (PNC), qui serait, selon eux, «une façon concrète de contribuer à la consolidation de la paix dans le pays».

Exprimant la préoccupation des évêques, l’archevêque de San Salvador, Mgr Fernando Saenz Lacalle, membre de la prélature de l’Opus Dei, a réclamé «une rapide et profonde épuration de la PNC», qui a été durement contestée la semaine dernière suite à de nombreux crimes violents dans lesquels ses agents ont été impliqués.

«Nous avons déjà montré l’opportunité de pareil nettoyage, y compris des règlements et des lois», a déclaré l’archevêque, en observant que depuis la signature des accords de paix et la fin de la guerre civile, l’augmentation de la criminalité est devenue la plus grande menace contre la paix dans le pays.

La PNC, créée par les accords de paix de 1992, qui ont mis fin à une sanglante guerre civile, est la cible de critiques depuis que certains de ses agents ont été impliqués dans des assassinats et des séquestres. Le dernier cas de violence où la PNC est compromise s’est produit vendredi 2 juin, quand l’agent Luis Alonso Navarrete, dont on suppose qu’il était drogué, a tué cinq militaires et deux civils et blessé trois autres personnes dans le village de Pasaquina, à 200 km à l’est de San Salvador. «Le lamentable et dramatique incident de ces derniers jours nous confirme l’urgence de réaliser une épuration pour le bien du pays», a déclaré l’archevêque, avant d’ajouter ce commentaire: «Il est juste de reconnaître les sacrifices incomparables consentis par la PNC pour défendre les citoyens, car beaucoup d’agents sont tombés dans l’exercice de leur mission ; mais par respect pour la même institution, qui est un des fruits de la signature des accords de paix, nous devons reconnaître qu’elle a besoin d’être réformée pour pouvoir se poser en instrument de la paix».

La PNC, créée pour remplacer trois corps de sécurité militarisés, a commencé à se déployer le 13 mars 1993, et dispose aujourd’hui de 17’700 agents, dont 60% de civils, 20% d’ancien policiers et 20% d’anciens guérilleros du Front Farabundo Martí de Liberation Nationale (FMLN). (apic/cip/aci/pr)

6 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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