L’Eglise salvadorienne a besoin de conversion

Salvador:,Mgr Rodrigo Orlando Cabrera prend ses distances à l’égard de l’armée

Salvador, 18 mars 1997 (Apic) Ce qui manque à l`Eglise du Salvador, c`est l`aptitude de faire siens les problèmes des gens. «La crise de l`Eglise est une crise de la conversion. C`est désolant», a déclaré à l`agence ADISTA (Rome) Mgr Rodrigo Orlando Cabrera, évêque de Santiago de Maria.

Interrogé sur le cas du Belge Roger Ponseele, qui serait désormais «un prêtre sans évêque», il regrette l`injustice commise à son égard et se dit prêt à l`incardiner dans son diocèse. S`agissant de la promotion au grande de général de brigade de l`archevêque de Salvador, Mgr Saenz Lacalle, l`évêque de Santiago admet qu`il faut revoir l`institution de l`aumônerie militaire: elle est aujourd`hui fortement contestée.

Les évêques prennent conscience des méfaits du néolibéralisme

Les évêques salvadoriens ont récemment publié un document sur la réforme agraire et sur l`expansion du néolibéralisme. «On a dit quelque chose, mais ce n`est pas un texte incisif», regrette Mgr Cabrera. Les évêques ont mis en évidence la nécessité de créer du travail, celui-ci étant une condition d`une convivialité pacifique. Ce qu`il aurait fallu, c`est «un document sérieux, plus complet, sur le problème concret de la terre, sur l`opportunité de créer des coopératives pour la possession de la terre», ajoute l`évêque de Santiago de Maria.

Selon Mgr Cabrera, les évêques salvadoriens sont conscients des méfaits du système néolibéral, dans lequel la classe moyenne s`appauvrit, tandis que le pauvre devient misérable. C`est notre problème en Amérique Latine, dit-il, et il est en train de toucher le Salvador.»ll s`agit dès lors de lutter pour que le pauvre puisse survivre dans la dignité, en ayant au moins accès aux services élémentaires».

Pas de texte «incisif» sur la réforme agraire et la situation économique, ni d`ailleurs sur la peine de mort: que font les évêques ? «Ce qui nous manque, ce sont des pasteurs, des prêtres, des religieux, des laïcs. C`est la capacité de faire siens les problèmes des gens, répond l`évêque. La crise de l`Eglise est une crise de la conversion. C`est désolant».

Archevêque et général d`armée

L`évêque s`exprime aussi au sujet de la promotion au grade de général de Mgr Saenz Lacalle, archevêque de San Salvador et évêque du diocèse aux armées: «L`institution de l`aumônerie militaire est aujourd`hui fortement remise en question. C`est une opinion généralisée ou presque dans l`Eglise. J`ai entendu des gens, des prêtres, des religieux me dire qu`ils ne voient pas la nécessité de la maintenir. De toute façon, les militaires peuvent participer à la vie paroissiale, comme tous les autres chrétiens».

Au Salvador, c`est surtout le comportement de l`armée qui fait problème.

Mgr Cabrera évoque aussi le cas de Roger Ponseele, un prêtre brugeois qui s`est mis au service de l`Eglise du Salvador dans les années 70, suite à l`assemblée de l`épiscopat latino-américain de Medellin. >, déclarait-il récemment à >, le mensuel des Equipes Populaires de Flandre. Il ajoutait:

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!