Sankt Pölten: L’Abbé Rooney a commencé lundi la «Visitatio» à l’Abbaye de Göttweig

«Faire toute la lumière sur l’affaire Groër»

Sankt Pölten, 2 mars 1998 (APIC) La «Visitatio» extraordinaire à l’Abbaye de Göttweig en Autriche, une «visitation» dirigée par le Père Marcel Rooney, Abbé Primat des bénédictins, a commencé lundi. Il s’agit de faire toute la lumière sur la manière de diriger le monastère de l’Abbé Clemens Lashofer dans le cadre de l’affaire Groër. Un scandale qui secoue toute l’Autriche catholique.

Le Père Marcel Rooney est accompagné pour la circonstance du Père Franziskus Heeremann, Abbé du monastère allemand de Zuydwyck. Dès son arrivée à l’Abbaye de Göttweig, le Père Rooney a souligné que la tâche principale des visiteurs n’était pas de parler avec le cardinal Groër, mais d’abord de dialoguer, dans un esprit de confiance, avec les moines de l’Abbaye. Il s’agit d’une «affaire de famille» qui doit être discutée entre nous tous.

Les résultats et le rapport de la «visitatio» ne sont pas destinés à être rendus publics. Ils seront remis d’abord à l’instance romaine, à savoir la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique. Le Préfet de cette Congrégation, le cardinal Eduardo Martinez Somalo, et le Secrétaire d’Etat, le cardinal Angelo Sodano, informeront ensuite Jean Paul II des détails de toute l’affaire.

Les deux visiteurs – qui bénéficient de la haute estime de l’Ordre bénédictin pour avoir accompli dans le passé deux autres missions délicates – devraient rester une semaine avec les moines de l’Abbaye concernée. Deux anciens moines de Göttweig, les Pères Maximilian Berun et Leo Pfisterer, ont remis aux visiteurs, dés leur arrivée, un dossier écrit sur les événements qui se sont passés, selon eux, à l’Abbaye.

Quatre évêques autrichiens ont déclaré vendredi dernier que les accusations d’abus sexuels portées contre le cardinal Hans Hermann Groër sont «pour l’essentiel fondées». Dans leur déclaration, Mgr Johann Weber, président de la Conférence épiscopale autrichienne, le cardinal archevêque de Vienne, Mgr Christoph Schönborn, l’évêque de Salzbourg, Mgr Georg Eder et celui de Gurk, Mgr Egon Kapellari, disent «ne plus pouvoir garder le silence» sur ce scandale qui ébranle l’Eglise autrichienne.

De leur côté, les membres du chapitre cathédral de St.Pölten ont remercié les quatre évêques autrichiens pour leur déclaration en estimant que leur prise de position a donné «un nouvel espoir à l’Eglise catholique d’Autriche». Par ailleurs, ils tiennent à affirmer que le déplacement de l’abbé Fischer, imposé par Mgr Kurt Krenn, évêque de Sankt Pölten, s’est fait sans leur accord. (apic/kap/ba)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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