Ghana: Un cardinal ghanéen promeut abstinence et fidélité face au sida
Sans exclure l’utilisation du préservatif
Rome, 6 octobre 2009 (Apic) Un cardinal ghanéen promeut abstinence et fidélité face au sida, sans toutefois exclure l’utilisation du préservatif au sein des couples dont un partenaire serait atteint par la pandémie. En effet, le cardinal ghanéen Peter Kodwo Appiah Turkson, archevêque de Cape Coast, n’est pas complètement opposé à l’utilisation du préservatif dans ce cas précis. Rencontrant la presse au Vatican lundi, jour de l’ouverture des travaux du Synode des évêques pour l’Afrique, le rapporteur de cette assemblée synodale a cependant mis en garde contre les risques liés à l’utilisation du préservatif.
Le cardinal ghanéen Turkson s’est également prononcé sur l’éventualité d’un «futur pape africain». Interrogé sur l’épidémie de sida en Afrique et la position du synode sur la prévention de la maladie, le cardinal ghanéen a insisté sur la «fidélité» et «l’abstinence», n’écartant pas pour autant l’utilisation du préservatif dans le cas où l’un des partenaires d’un couple fidèle serait atteint par le virus.
En Afrique, «même l’utilisation des préservatifs est parfois risquée»
«Certains, a expliqué le cardinal Turkson, dans une telle situation, avaient conseillé l’utilisation du préservatif par un partenaire qui a le sida de sorte que (la maladie) de se ne répande pas». «Mais, a aussitôt prévenu le cardinal ghanéen, dans notre partie du monde, même l’utilisation des préservatifs est parfois risquée».
Le prélat africain a ensuite fourni un exemple en indiquant que des préservatifs envoyés au Ghana avaient «éclaté durant l’acte sexuel». Il a alors mis en garde contre «le faux sentiment de sécurité» que procure l’utilisation du préservatif et qui «facilite plutôt la diffusion du sida». Le cardinal Turkson a donc confié qu’il était peu enthousiaste pour recommander l’utilisation du préservatif, y compris dans un couple marié. Il n’a cependant pas totalement fermé la porte à l’usage du préservatif dans le cas où celui-ci serait «de bonne qualité». «Cela n’est pas le cas au Ghana», a soutenu l’archevêque de Cape Coast.
Par ailleurs, plutôt que de dépenser de l’argent pour les préservatifs, le cardinal Turkson a encouragé l’utilisation de ces ressources «pour la production de médicaments anti-rétroviraux pour les malades». Le haut prélat a aussi estimé qu’il fallait «aider psychologiquement» les personnes atteintes par le virus.
Un pape africain ?
L’Eglise est-elle prête pour un pape africain ? «Pourquoi pas», a répondu le cardinal Turkson à cette question d’un journaliste américain, évoquant ensuite la récente élection aux Etats-Unis d’un président d’origine afro-américaine, mais aussi la brillante carrière du Ghanéen Kofi Annan. «Quiconque accepte d’être ordonné prêtre accepte de devenir potentiellement évêque, et de devenir cardinal, puis pape (…) cela fait partie du package», a encore indiqué en souriant le cardinal africain. «Si Dieu veut un jour un pape noir, rendons grâce à Dieu», a conclu l’archevêque de Cape Coast dont l’arrivée au sein de la curie romaine est de plus en plus probable ces prochaines semaines.
Par ailleurs, interrogé sur les divisions ethniques en Afrique, Mgr Odon Marie Arsène Razanakolona, archevêque d’Antananarivo (Madagascar), aussi présent à cette conférence de presse, a affirmé que «le vrai problème se trouve dans la tête des politiciens qui veulent prendre le pouvoir, pas dans le peuple».
«Les politiciens divisent les ethnies entre elles pour prendre le pouvoir», a-t-il renchéri. Evoquant le thème de la réconciliation, l’évêque malgache a ajouté que «ce n’est pas toujours autour d’une table, où chacun cherche son intérêt, qu’on trouve la paix». «Cette réconciliation, c’est le peuple qui va la faire», a-t-il lancé, quelques mois après les insurrections politiques qui ont touché son pays et alors que les négociations pour trouver une issue à la crise se poursuivent. (apic/imedia/lb/ami/be)



