Jura: Présentation de la Campagne œcuménique de carême 2013
Sans terre, pas de pain
Delémont, 29 janvier 2013 (Apic) L’accaparement des terres dans les pays du Sud – par des entreprises privées, des gouvernements, ou des fonds d’investissement est un phénomène qui met en péril la sécurité alimentaire des populations indigènes. Cette problématique a été au coeur de la soirée d’information du 28 janvier 2013 au Centre réformé à Delémont pour le lancement de la campagne annuelle d’Action de Carême et Pain pour le prochain. La campagne intitulée «Sans terre, pas de pain» se déroulera du 13 février au 31 mars 2013.
«Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.» C’est par cet adage amérindien que Didier Berret a exposé l’aspect spirituel de la campagne. A travers un quizz de citations bibliques, le diacre de Porrentruy a souligné les liens intimes qui unissent, depuis la nuit des temps, l’homme à la terre : «En Israël, plutôt que pays ou nation, on utilise le mot Eretz, la terre d’Israël. Et, toujours en hébreu, le verbe cultiver – abad – signifie servir. On sert la terre.»
Responsable de formation au sein d’Action de Carême, Dorothée Thévenaz Gygax, a invité le public à un jeu sur l’accaparement des terres : par petits groupes, les participants ont délimite des territoires mitoyens avec des bouts de ficelle. L’animatrice évoque alors l’achat de parcelles par des sociétés multinationales… les surfaces se réduisent et s’éloignent. Moins de culture, moins de pain. Pour survivre les groupes vendent une partie de leurs terres qui se réduisent comme peau de chagrin. Ce jeu illustre très concrètement les conséquences de l’accaparement des terres dans des régions où, en l’absence de titre de propriété, de nombreuses familles paysannes se retrouvent expropriées au profit des intérêts financiers de multinationales ou de gouvernements étrangers.
Il est possible d’agir
Selon Daniel Tillmanns, chargé de communication à Pain pour le prochain, «entre 2000 et 2012, des terres représentant plus de 50 fois la surface de la Suisse (plus de 200 millions d’hectares) ont été négociées ou cédées dans les pays du Sud. Les acheteurs – des entreprises privées, des gouvernements, des fonds d’investissements ou des institutions financières internationales – produisent intensément sur ces terres des denrées pour l’exportation afin de remplir nos réservoirs d’agrocarburants ou nourrir en fourrage les animaux d’élevages industriels.»
Pain pour le prochain et Action de Carême soutiennent depuis de nombreuses années des associations locales qui s’activent à défendre les droits des petits paysans face aux accapareurs : «Elles leur fournissent des conseils juridiques et entreprennent les démarches nécessaires pour sécuriser leur droit foncier. Elles entrent en dialogue avec les entreprises pour trouver des solutions pérennes et respectueuses des droits humains et de l’environnement. C’est ainsi qu’en 2008 à Madagascar, un gigantesque projet de production de maïs et d’huile de palme destiné à l’exportation fut dénoncé et abandonné.»
«Manger moins de viande et acheter des produits locaux est déjà une manière de faire un geste contre l’accaparement des terres», souligne Dorothée Thévenaz Gygax. «Dans le cadre de la campagne 2013 d’Action de Carême et Pain pour le prochain, il est possible d’agir lors de la journée des roses du 9 mars, de soutenir l’action Pain du partage ou de participer aux différentes soupes de carême organisées dans toutes les régions.» (Toutes les dates et infos sur : www.droitalimentation.ch)
Journée des roses
Le samedi 9 mars 2013 aura lieu la Journée des roses qui s’inscrit désormais dans la tradition des campagnes œcuméniques. Dans toute la Suisse, des milliers de bénévoles vendront les 160’000 roses Max Havelaar que Migros offre gracieusement. Le produit de cette Action servira au financement de projets d’aide au développement en Afrique, en Asie et en Amérique latine de Pain pour le prochain, Action de Carême, et Etre partenaires.
Action Pain du partage
Chaque année, de nombreuses boulangeries s’inscrivent pour participer à l’action et proposer à leur clientèle un Pain du partage. Celui-ci se distingue par un petit drapeau et son prix est majoré de 50 centimes. Ce demi-franc, multiplié par le nombre de pains vendus dans toutes les boulangeries suisses durant le temps de campagne, représente une somme importante qui permet de financer des projets d’aide au développement dans les pays du Sud. L’Action Pain du partage se déroule du 13 février 2013 et jusqu’à Pâques.
(apic/Pascal Tissier/sic/mp)



