Sarajevo: Déclaration de l’évêque auxiliaire de Sarajevo
«La leçon de Sarajevo n’a servi à rien!»
Sarajevo, 5 avril 1999 (APIC) «A quoi a servi la tragédie que nous avons vécue, si des scénarios identiques de destruction et de mort se répètent à quelques kilomètres seulement de chez nous ?» Telle est l’interrogation de Mgr Pero Sudar, en réaction aux événements tragiques du Kosovo. Pour Mgr Sudar, le lien entre ce qui s’est passé en Bosnie avant les accords de Dayton et les événements dramatiques qui font verser tant de sang et de larmes au Kosovo est évident.
A quelques mètres du marché de Sarajevo, où une bombe a explosé pendant la guerre de Bosnie, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés, Mgr Pero Sudar, jeune évêque auxiliaire du Cardinal Vinko Puljic, s’interroge : «Personne n’a voulu comprendre la leçon» explique-t-il. «C’est comme si notre tragédie n’avait jamais existé. On dit qu’il faut reconstruire. Mais comment peut-on reconstruire avec le drame des réfugiés devant les yeux. Pas même 5 % d’entre eux ont pu revenir dans leur maison. Je parle de leur vraie maison, non pas de la maison d’un autre qui a dû partir à son tour».
«Le monde occidental et la démocratie internationale ont commis une erreur grave : ils ne considèrent pas l’homme en tant que tel et les peuples en tant que tels. Le cas du Kosovo est un exemple. C’est pour cela que je pense que tant qu’il n’y aura pas de changement de mentalité, on ne pourra pas sortir de cette situation».
Nazareth: Un compromis envers les musulmans
Une mosquée près de la basilique, à la place d’un parking
Nazareth,
(APIC) Après les violents heurts qui ont duré deux jours, entre chrétiens et musulmans à Nazareth, un compromis a finalement été trouvé le soir du lundi de Pâques.
Le maire de Nazareth, Ramez Jeraise, a autorisé les musulmans à construire une mosquée sur un terrain situé non loin de la basilique de l’Annonciation, mais ceci seulement à partir de 2002. Par ailleurs, le gouvernement israélien doit encore donner son accord à ce compromis, car la parcelle appartient à l’Etat.
Pour protester contre les tensions, les patriarches de Jérusalem ont décidé de fermer la basilique de l’Annonciation et de toutes les églises de Nazareth les 6 et 7 avril. Ils souhaitent ainsi garantir la sécurité des pèlerins, et prévenir la profanation de symboles chrétiens. Seuls les offices liturgiques auront lieu. Les patriarches ont menacé de prolonger et d’étendre ces mesures, si les extrémistes continuent de provoquer la division par leurs attaques contre les chrétiens. (apic/mab)



