Sarajevo: La population attend la visite du pape avec impatience (040894)
«Un grand encouragement»
Sarajevo/Zagreb, 4août(APIC) Une visite du pape à Sarajevo serait un
«grand encouragement» pour tous les habitant de la ville, a affirmé Mgr
Vinko Puljic, archevêque catholique de Sarajevo, en apprenant la nouvelle
de l’éventualité d’une visite de Jean Paul II en septembre prochaine dans
la capitale bosniaque, ainsi qu’en Croatie.
Que la visite ait lieu, «c’est notre souhait, le souhait du pape et aussi celui des dirigeants politiques de Sarajevo», a-t-il souligné. La présence du pape Jean Paul II dans la capitale bosniaque pourrait renforcer la
Fédération croato-bosniaque qui est encore faible.
La majorité musulmane de la capitale bosniaque est en grande partie favorable à la visite du pape, tandis qu’il est difficile de connaître le
sentiment des orthodoxes restés dans la ville, a précisé Mgr Puljic. Le métropolite serbe orthodoxe de Sarajevo a quitté depuis longtemps la ville,
et seuls deux de ses prêtres sont restés sur place. La visite du pape pourrait, estime-t-il, contriuer à une atmosphère qui serait imprégnée de davantage de tolérance et de compréhension entre les communautés.
En Croatie, on s’active déjà depuis un mois pour les préparatifs de la
visite du pape à Zagreb prévue le 11 septembre, à l’occasion du 900e anniversaire de l’archidiocèse. Le programme officiel du voyage n’a pas encore
été publié. Pourtant, des sources officieuses on apprend que Jean Paul II
visitera la capitale Zagreb et le lieu de pélerinage de Marija Bistrica.
Evoquant les risques que le pape pourrait encourir en se rendant à Sarajevo, l’archevêché de la ville martyre – qui doit à nouveau subir la loi
des francs-tireurs – affirme que chaque voyage à Sarajevo comporte un risque. Le pape a cependant la ferme volonté de venir. Jean Paul II ne craint
pas pour sa propre sécurité, précise-t-on du côté de l’Eglise catholique de
Bosnie, mais pour celle des participants aux célébrations et aux messes qui
seront organisées à cette occasion. La sécurité de ces personnes devrait
être garantie par l’ONU, dans la mesure où les casques bleus ont les moyens
d’empêcher les Serbes de poster à nouveau de l’artilerie lourde aux alentours de la ville. plus difficile à protéger seront les avions au décollage
et à l’atterrissage, même si l’on n’a pas d’indications que quelqu’un ait
l’intention de les attaquer.
Persona non grata à Belgrade
Le pape, qui veut visiter comme «messager de la paix» les Etats nés de
l’effondrement de la Yougoslavie, souhaitait vivement se rendre Belgrade.
L’archevêque catholique de Belgrade, Mgr Franc Perko, était partisan d’une
telle visite. Le président serbe Slobodan Milosevic avait donné son feu
vert, à condition que Jean Paul II s’engage ouvertement pour la levée des
sanctions internationales contre la Serbie.
Quant à l’Eglise orthodoxe, elle a traité ce thème lors de son assemblée
épiscopale fin mai dernier, sans arriver à un résultat. L’influent évêque
orthodoxe de Raska-Prizren, Mgr Artemije Radosavljevic, dont la position
«anti-oecuménique» est notoire, a déclaré qu’une telle visite pourrait
avoir lieu, «mais sans la participation de l’Eglise serbe orthodoxe». Ce
serait la position de l’ensemble de l’épiscopat. La majorité des évêques
serbes orthodoxes avait également fait pression il y a quelques mois pour
que le patriarche Pavle de Belgrade ne participe pas à une rencontre avec
le pape Jean Paul II.
L’opinion publique serbe ne serait pas non plus très chaude pour une visite de Jean Paul II en Serbie, étant donné les campagnes anti-romaines menées dans les médias locaux, accusant le Vatican d’avoir financé des achats
d’armes pour la Croatie. Par contre, les efforts du cardinal Angelo Sodano,
secrétaire d’Etat du Vatican, pour alléger l’embargo de l’ONU contre la Fédération yougoslave, afin d’améliorer le ravitaillement de la population,
ont trouvé un écho positif à Belgrade. (apic/kpr/fs/be)



