Renforcer le témoignage des communautés religieuses en Europe
Sarajevo: Message final signé
Sarajevo, 17 septembre 2001 (APIC) La signature d’un message final a marqué dimanche soir à Sarajevo, en présence du Premier ministre de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, Alija Behemen, la clôture de la conférence internationale «chrétiens et musulmans en Europe. Responsabilité et engagement religieux dans une société pluraliste».
A cette occasion, le Prix «Pro Humanitate» de la Fondation européenne «Pro Europa» a été décerné à l’archevêque orthodoxe Anastasios de Tirana et de toute l’Albanie, pour honorer ses mérites dans le cadre de son engagement pour la paix, la justice et la tolérance.
Plus de 80 participants, originaires de 26 pays, ont assisté à cette rencontre du 12 au 16 septembre 2001, convoquée conjointement par la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE). En choisissant Sarajevo comme lieu pour accueillir la rencontre ses organisateurs ont voulu renoué délibérément avec la tradition d’une co-existence pacifique entre chrétiens et musulmans d’Europe, telle qu’elle avait perduré durant des siècles.
Fribourg: Ouverture de la Rencontre internationale des jeunes journalistes de l’UCIP
Les médias confrontés à la mondialisation de la terreur
Fribourg, 17 septembre 2001 (APIC) La 5ème Rencontre internationale des jeunes journalistes de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP), ouverte lundi à l’Université de Fribourg, en Suisse, n’a pu échapper à l’actualité sanglante de ces derniers jours. Loin du langage guerrier venant de Washington, les journalistes des cinq continents ont appelé à la modération et à l’analyse des causes profondes d’une telle manifestation de haine.
Réunis lundi et mardi sur le thème «Les médias au défi de la mondialisation», les quelque 200 membres du Réseau de jeunes journalistes présents ont d’emblée été confrontés dans les discussions à ce que plusieurs participants ont appelé «la mondialisation de la terreur».
L’UCIP elle-même, qui attend plus de 600 journalistes mercredi pour l’ouverture de son congrès mondial sur le thème des médias au défi de la mondialisation, n’a pas été épargnée par l’attaque du World Trade Center (WTC). Jim O’Neill, qui fut de longues années représentant de l’UCIP à l’ONU à New York, devait être fait membre d’honneur de l’organisation cette semaine lors d’une cérémonie à l’Université de Fribourg. Son fils âgé de 33 ans, jeune marié, a appelé mardi pour la dernière fois du 102ème étage du WTC. Il fait partie des quelque 5’000 disparus dans l’attentat de New York.
Non au conformisme social et à la recherche du «politiquement correct»
Délégué du Vatican, l’archevêque américaine John P. Foley, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, après avoir dénoncé les «attaques barbares», a demandé un moment de prière silencieuse à la mémoire des victimes de New York et de Washington. Une prière pour les familles en deuil, mais aussi pour les leaders du monde, afin qu’ils recherchent la paix dans la justice.
Aux jeunes journalistes catholiques réunis pour leur convention mondiale, Mgr Foley leur a demandé un engagement inébranlable en faveur de la vérité, loin de toute idéologie, intérêts et préjugés personnels, conformisme social ou recherche du «politiquement correct», car, selon l’Evangile de saint Jean, seule «la vérité vous rendra libres». Dans ce monde de haine, il leur a demandé d’être des instruments de paix. Le pape Jean Paul II, dans un message envoyé par la secrétairerie d’Etat du Vatican, se réjouit du choix du thème du Congrès de l’UCIP sur les défis éthiques urgents de la globalisation. Le pape insiste sur la vision évangélique de l’inaliénable dignité de chaque être humain et l’unité de la famille humaine.
Accueillant, au nom de toute la communauté universitaire de Fribourg, les jeunes journalistes catholiques lundi matin dans l’aula magna, le recteur Paul-Henri Steinauer a relevé que la juxtaposition du mot journaliste et du mot catholique «est évidemment le signe de la volonté d’exercer ce métier de journaliste dans un esprit particulier de responsabilité, au service de la vérité et des valeurs chrétiennes». Une volonté qui rejoint celle de l’Université de Fribourg, fondée il y a plus d’un siècle sous l’impulsion de catholiques suisses, de servir les valeurs de l’humanisme chrétien.
Aller aux véritables racines de cette violence globalisée
Présidente sortante de l’UCIP – son successeur sera élu samedi matin – Theresa Ee-Chooi, de Malaisie, a également souligné que ces prochains jours, les congressistes venus du monde entier auront une occasion unique de réfléchir sur les véritables racines de cette violence croissante au niveau du globe, que ce soit au plan économique, social ou idéologique. Theresa Ee-Chooi a estimé que le phénomène de mondialisation, qui implique la concentration de médias écrits et électroniques aux mains de quelques entreprises riches et puissantes représente un grand défi pour les journalistes.
«Dans de telles circonstances, pouvons-nous encore maintenir notre indépendance et notre liberté de diffuser dans le monde toute la vérité, de façon juste et sans vision préconçue?», a-t-elle lancé. Et de remettre en cause les «dieux» du matérialisme, de la société de consommation et de l’hédonisme que, dans un monde globalisé, les sociétés occidentales post-chrétiennes exportent aux quatre coins de la planète, «souvent avec des résultats désastreux et souvent par les mêmes médias auxquels nous appartenons…»
Le déséquilibre de l’information
Dans son analyse, la journaliste allemande Claudia Nothelle, reporter de la chaîne ARD, a attiré l’attention sur le déséquilibre croissant de l’information dans la couverture globalisée, aux mains de «global players» qui ne reflètent pas la réalité du monde: «Les nouvelles globales se limitent en principe à l’Occident.» Les raisons sont simples à comprendre pour la journaliste allemande: la BCC à Londres, CNN à Atlanta, la centrale de l’Eurovision à Genève, qui distribuent des images dans le monde entier, décident souverainement – de leur point de vue occidental – de ce qui est important et de ce qui l’est moins. «Et le monde voit à travers les lunettes londoniennes tout à fait différemment qu’à travers celles de l’Afrique occidentale».
La répartition des correspondants est du même tonneau: il y a bien davantage de journalistes internationaux accrédités à Berlin ou à Washington que dans des régions entières du monde. Et Claudia Nothelle de citer une statistique macabre: on peut dire qu’un mort d’Europe occidentale vaut autant de nouvelles que trois Est-européens, neuf Latino-américains, onze du Moyen-Orient ou douze Asiatiques. C’est pour attirer l’attention sur cette nouvelle dialectique entre «data riches» et «data poors» – ceux qui ont accès à l’information et peuvent la façonner à leur guise et ceux qui doivent se contenter d’assister en spectateurs passifs – que le Congrès mondial de l’UCIP a choisi le thème de la nouvelle responsabilité des journalistes à l’ère de la mondialisation. (apic/be)



