Sauvegarde de la création: Vatican et Patriarcat œcuménique «sur la même longueur d'onde»

Genève, 18 juin 2015 (Apic) Alors que le pape François a publié jeudi 18 juin «Laudato si’» (Loué sois-tu), son encyclique sur «l’écologie humaine», à Genève le métropolite Jérémie salue cette initiative. Le directeur du Centre orthodoxe de Chambésy souligne qu’en matière combat pour la sauvegarde de la création, le Vatican et le Patriarcat œcuménique sont «sur la même longueur d’onde».

Le climat est au cœur des échanges et des débats pendant cette année 2015 en prévision de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP21) qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 15 décembre 2015. Le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier, que d’aucuns surnomment le «patriarche vert», participera aux débats dans la capitale française.

Le métropolite Jérémie relève que la dernière encyclique du pape François va dans le même sens que les nombreuses initiatives du patriarche œcuménique depuis deux décennies.

Un devoir de tous les chrétiens et de tous les hommes

«Depuis 22 ans – mais son prédécesseur Dimitrios Ier partageait déjà cette préoccupation pour l’environnement – notre patriarche a le souci de la protection de la création. De ce point de vue, Rome et le Patriarcat œcuménique sont sur la même longueur d’onde», confie le métropolite Jérémie à cath.ch.

«La protection de l’environnement – le fait que l’homme et la nature vont ensemble, que la création a été faite pour l’homme, chargé de la gérer en la respectant – n’est pas seulement une vue de l’orthodoxie, c’est un devoir de tous les chrétiens et de tous les hommes», assure-t-il.

Ecouter «le gémissement de la création»

Le souci de l’environnement n’est pas une expression d’un amour sentimental ou superficiel de la nature. C’est une façon d’écouter «le gémissement de la création» (Rom. 8,22). «La demande de dominer la terre tout en la respectant se trouve dans les Ecritures, car nous ne pouvons pas transgresser les lois de la nature comme nous le faisons actuellement. La nature ne supporte plus la façon dont on la traite. Ce n’est pas seulement une question de religion ou un problème théologique. Il est important de prendre conscience que c’est un défi pour tous».

Le patriarche œcuménique Bartholomée Ier attire depuis deux décennies l’attention du monde sur ce problème brûlant. L’institut de théologie orthodoxe de Halki, sur l’île d’Heybeliada, au large d’Istanbul, a déjà accueilli plusieurs conférences sur l’environnement. Le 1er septembre est devenu pour le Patriarcat œcuménique puis pour l’orthodoxie toute entière la Journée de prière pour la protection de la création.

Le patriarche Bartholomée interpelle les multinationales et les grandes entreprises

Ayant conscience que la destruction de l’environnement constitue un grave danger tant pour l’homme que pour la création de Dieu en général, le patriarche Bartholomée a placé l’écologie parmi ses priorités. Il participe régulièrement à des symposiums sur ce thème partout dans le monde. A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars 2015, le patriarche Bartholomée Ier a lancé un cri d’alarme aux hommes et aux femmes de bonne volonté afin de préserver les ressources naturelles «et tout particulièrement l’eau, source de vie et de tout renouveau».

«Comme nous l’avons maintes fois répété, écrit-il pour cette Journée, nous reprenons à notre compte les nombreuses déclarations des droits humains et autres accord internationaux qui expriment que les ressources environnementales sont bien des dons de Dieu au monde et ne peuvent donc pas être considérées ou exploitées comme des biens privatisés. Plus encore, leur durabilité et leur bonne gérance demandent des obligations proportionnées, aussi bien légales que canoniques, qui ne peuvent pas être sous-estimées ou ignorées. Tout abus à l’encontre de nos ressources terrestres – et tout particulièrement de l’eau comme source et symbole de vie et de renouveau- contredit nos obligations sacrées et sociales envers les autres personnes, et tout particulièrement envers celles qui vivent dans la pauvreté ou dans les marges de nos sociétés».

Le patriarche œcuménique «supplie» les multinationales et les grandes entreprises «de chercher des voies alternatives de production qui ne polluent pas ou n’endommagent pas les ressources de la planète, au nom d’un profit toujours plus grand». (apic/be)

Métropolite Jérémie, directeur du Centre orthodoxe de Chambésy, à Genève
18 juin 2015 | 13:02
par Jacques Berset
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