Du bout des lèvres

Schwytz: Les catholiques du canton refusent le projet de statut ecclésiastique

Schwytz, 8 juin 1997 (APIC) Avec moins de 300 voix, les catholiques du canton de Schwytz ont refusé du bout des lèvres le statut ecclésiastique qui leur était soumis dimanche en votation. Par 9’471 «non» contre 9’212 «oui», pour une participation de 29,54%, ils ont refusé le statut que leur proposait le Bureau de la Constituante. Le projet avait été largement critiqué par le nonce apostolique en Suisse et par Mgr Peter Henrici. Ce dernier l’avait du reste jugé pas conforme au droit canon.

Fortement influencé par l’affaire «Haas», le travail des 60 constituants se voit ainsi sanctionné. Par la plus petite marge. Qui risque bien d’attiser des tensions. «Il faudra remettre l’ouvrage sur le métier, l’améliorer», a déclaré dimanche Mgr Henrici, qui a fait part de sa satisfaction. Malgré ses critiques et ses réserves émises, l’évêque auxiliaire de Coire n’avait donné aucune consigne de vote. Les membres du Bureau chargé de mettre sur pied le projet de statut, font de leur côté remarquer l’étroitesse du score. Pour l’heure, aucune information n’a été donnée sur le travail du nouveau projet, ni sur une date possible pour un nouveau scrutin.

Le projet de statut avait été sévèrement critiqué par Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire du diocèse de Coire, qui l’avait jugé sur certains points «pas conforme au droit canon». Une critique partagée par le nonce apostolique en Suisse, Mgr Karl-Josef Rauber, qui avait de son côté estimé que seul son refus par les citoyens pouvait permettre de repartir sur de nouvelles bases.

En 1992, le canton de Schwytz avait choisi de mettre fin à l’interpénétration entre l’Eglise et l’Etat. Une «constituante» de 60 membres a élaboré un projet de statut. Son travail, fortement influencé par l’affaire «Haas» – Schwytz appartient au diocèse de Coire -, a suscité de vives controverses. Un comité s’était du reste constitué pour critiquer le projet officiel, que les citoyens viennent de refuser.

Trois points controversés

Mgr Henrici, qui a participé aux travaux de la Constituante, mais uniquement avec le titre d’observateur, avait émis de sérieuses réserves sur trois aspects principaux, sans pour autant donner de consigne de vote: Le texte proposé, disait-il, doit comprendre la mention explicite du respect du droit de l’Eglise (droit canon) car les catholiques, s’ils sont membres d’une Eglise cantonales, dépendent aussi de l’ordre juridique de l’Eglise catholique-romaine. Mgr Henrici déplorait là le fait que les rapports avec le diocèse de Coire ne soient mentionnés qu’une seule fois et dans le cadre d’un éventuel conflit. Alors que Schwytz est lié au diocèse de Coire par un accord de 1824. Les deux autres aspects jugés pas conforme par Mgr Henrici étaient liés au mode de réélections des curés – le droit canon 523 prévoit que le droit de nommer les curés revient à l’évêque et non pas à un vote populaire – aux biens ecclésiastiques.

Quant à Mgr Rauber, il déplorait quelques jours avant le scrutin que ses remarques sur le statut, ainsi que celles du doyen de l’Abbaye d’Einsiedeln, dont dépend une partie du canton de Schwytz, n’aient pas été prises en compte dans la rédaction du statut et que le bureau de la constituante n’ait pas cherché à résoudre les questions encore en suspens. Le vote des citoyens exprimé dimanche va dans le sens du vœu émis par le nonce: «Dans la situation actuelle, on ne peut malheureusement que recommander le refus du projet de statut par les citoyens catholiques», avait-il déclaré.

Le bureau de la Constituante, avait rejeté en bloc ces critiques, en argumentant qu’il fallait respecter les droits démocratiques des citoyens. (apic/or)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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