Cisjordanie: La récolte des olives se heurte à la barrière de sécurité israélienne

Se battre pour que les israéliens ne volent pas la terre

Bethléem, 16 novembre 2010 (Apic) Si le rameau d’olivier est un symbole de paix, la récolte des olives est un élément générateur de conflit pour les palestiniens, lorsqu’ils doivent traverser une barrière gardée par des soldats armés pour aller sur leurs terres en zone occupée, rapporte l’agence ENI.

Dans ce contexte, pour la septième année consécutive, la Joint Advocacy Initiative (JAI) – un programme de l’Union chrétienne de jeunes gens (UCJG) de Jérusalem-Est et de l’Union chrétienne féminine (UCF) de Palestine (*) – a accueilli un groupe de 75 volontaires internationaux venus aider les Palestiniens pendant la récolte traditionnelle des olives.

Alors que dans le nord de la Cisjordanie les paysans palestiniens sont confrontés à la menace d’agressions et à la détérioration de leurs arbres par des colons israéliens, dans la région de Bethléem, les fermiers n’accèdent pas librement à leurs terres. Baha’ Hilo, responsable de campagne de la JAI, affirme que cette situation est due à la barrière de sécurité israélienne, qui sépare une grande partie des paysans de leurs terres.

Un permis pour récolter

Près de Bethléem, des paysans chrétiens ont des terres, mais l’extension de la barrière les a empêchés d’accéder à leurs vergers en 2010. Les paysans doivent en premier lieu obtenir un permis pour pouvoir accéder à des passages désignés, explique Baha’ Hilo. Les soldats israéliens devraient être présents à des horaires précis pour ouvrir l’accès et laisser passer les paysans. Cependant, ils ont souvent du retard et les fermiers sont contraints d’attendre sur place, déplore Baha’ Hilo. Parfois, les soldats israéliens ne se présentent pas du tout.

En outre, les permis sont généralement accordés qu’aux paysans et à leur épouse. Or il s’agit souvent de personnes âgées. Les jeunes de la famille ne sont pas autorisés à venir sur leurs terres pour aider à la récolte les olives. «A Beit Jalla, le mur est hermétique, mais il y a tant d’olives à ramasser. C’est beaucoup de travail et, pour une seule personne, c’est très dur de faire la récolte», a expliqué Baha’ Hilo.

Se battre pour conserver sa terre

Des organisations israéliennes de défense des droits de la personne ont recensé 35 cas de vandalisme contre des oliviers au cours des six premières semaines de la récolte, qui se déroule normalement durant quelques semaines, entre octobre et novembre.

Fin octobre, un groupe de volontaires de la JAI a passé une matinée à donner un coup de main à la ferme de Mohamid Aballah Abudia, qui est coincée entre les deux colonies israéliennes de Migdal Oz et d’Efrat. «Nous devons nous battre pour notre terre, afin que les Israéliens ne la volent pas», a déclaré Mohamid Aballah Abudia, tout en précisant que ses voisins israéliens n’ont pas empiété sur sa propriété. «Je suis quelqu’un de calme et je n’aime pas faire de vagues. Mais si mes terres sont menacées, je me ferai entendre à coup sûr».

(*) L’UCJG et l’UCF affirment œuvrer pour la paix et la justice sur la base de valeurs humanitaires et chrétiennes. (apic/eni/js/ggc)

16 novembre 2010 | 17:48
par webmaster@kath.ch
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