Le Patriarcat de Moscou ne veut pas du pape en Russie
Seconde rencontre à Rome entre le président russe Eltsine et le pape
Rome/Moscou, 9 février 1998 (APIC) La visite du président Russe Boris Eltsine à Jean Paul II, le 10 février à 17h30, a donné lieu à un commentaire très sec de la part du Patriarcat orthodoxe de Moscou. Celui-ci relève qu’un voyage du pape en Russie n’est pas envisageable tant que subsistera le problème uniate, et que le président russe n’est pas le chargé d’affaire de l’Eglise orthodoxe.
Alors que les commentaires vont bon train sur la deuxième rencontre Eltsine-Jean Paul II (première rencontre en 1991), et en particulier sur un projet de voyage papal à Moscou, le patriarcat orthodoxe de Moscou est venu calmer les esprits. Ilarion Alfeveiev, secrétaire pour les relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a fait savoir le 7 février qu’une visite du pape en Russie est «impossible» tant que Rome «ne freine pas les demandes des uniates de récupérer des églises en Ukraine». Le secrétaire souligne en outre que le président Russe «n’a aucun titre pour parler au nom du Patriarcat de Moscou».
Dans une interview publiée le 8 février dans le quotidien italien > Boris Eltsine avait en effet précisé à propos de sa prochaine rencontre avec le pape : «notre dialogue est important et utile pour l’Europe et pour le monde. Le pape a une vision éclairée qui parcourt les siècles. Entre nos Eglises des frictions existent et je suis prêt à en parler avec lui. (…) Quant à la venue de Jean Paul II en Russie, l’invitation lui a déjà été adressée (ndr par Mikhail Gorbatchev). Une visite de ce genre demande une préparation adéquate».
Actuellement, les relations entre les Eglises catholique et orthodoxe buttent sur la question «uniate». Ce terme désigne les gréco-catholiques ukrainiens, (catholiques de rite oriental) qui revendiquent aujourd’hui les églises attribuées de force en 1946 à l’orthodoxie, par le pouvoir communiste. Plusieurs négociations au plus haut niveau ont tenté de résoudre le problème mais sans mettre un terme aux escarmouches de terrains qui ne cessent d’envenimer ces relations oecuméniques. (apic/imed/pr)



