Selon le schéma proposé, ils ne seront pas de «vrais catholiques»
Grande-Bretagne: L’archevêque anglican de York critique les conversions au catholicisme
Londres, 8 février 2010 (Apic) L’archevêque anglican de York, John Sentamu, critique les conversions des anglo-catholiques qui veulent rallier l’Eglise catholique en raison notamment de leur opposition à l’ordination épiscopale des femmes et des homosexuels. Le Vatican a publié, le 9 novembre 2009, la Constitution apostolique «Anglicanorum Coetibus» (aux groupes des anglicans) permettant l’institution d’ordinariats personnels pour les fidèles anglicans qui souhaitent entrer dans la pleine communion avec l’Eglise catholique.
D’après la presse britannique, des centaines de prêtres appartenant au courant anglican traditionaliste pourraient en effet rejoindre l’Eglise catholique. L’archevêque John Sentamu a déclaré dimanche à la BBC que ces «anglo-catholiques» qui quittent leur Eglise en raison de l’ordination épiscopale des femmes et qui se convertissent selon le schéma proposé l’automne dernier par le Vatican tout en conservant leur tradition, ne seront en fait pas de «vrais catholiques».
Pas de demi-mesure pour l’archevêque Sentamu
A son avis, ceux qui veulent se convertir, plutôt que de se mettre sous l’égide d’un «ordinaire» chargé des soins pastoraux de cette communauté tout en gardant en partie leur héritage anglican, «s’il voulaient vraiment être en plein communion avec Rome, devraient suivre la même catéchèse rigoureuse dans leur nouvelle dénomination que suivent les autres convertis».
Avec ces propos, Mgr Sentamu risque de provoquer des réactions au sein des traditionalistes anglicans présents au Synode général de l’Eglise (anglicane) d’Angleterre qui se tient cette semaine à Londres. L’archevêque de York est, après son confrère de Canterbury, le plus haut placé des prélats de l’Eglise d’Angleterre.
Notons que Rowan Williams, archevêque de Canterbury et chef de la Communion anglicane, a d’emblée considéré le document pontifical «Anglicanorum Coetibus» comme une réponse pastorale aux besoins de certains qui «ne constitue aucun pas en avant du point de vue ecclésiologique». Il a également laissé entendre que peu d’anglicans saisiraient l’offre vaticane parce qu’il leur faudrait accepter l’autorité du pape. Seuls pour le moment un petit groupe, qui a déjà rompu avec l’anglicanisme officiel, connu sous le nom de «Traditional Anglican Communion», qui a peu de membres en Grande-Bretagne, a jusqu’à présent indiqué son désir de se convertir en accord avec la Constitution apostolique «Anglicanorum Coetibus», relève la BBC.
Le rapport sur l’ordination épiscopale des femmes pas encore prêt
Le Synode a confirmé sa décision d’ordonner des femmes évêques en 2008, au cours d’un débat centré sur les concessions à faire aux traditionalistes qui ne voulaient pas servir l’Eglise sous une femme. Mais la commission chargée de faire des propositions n’a pas encore terminé son travail, suscitant des critiques de la part des tenants de la tendance libérale, impatients de voir les femmes accéder aux postes les plus hauts de l’Eglise.
L’assemblée doit aussi débattre d’une proposition controversée visant à reconnaître la nouvelle Eglise créée par les anglicans traditionalistes en Amérique du Nord, après s’être séparés des Eglises américaines et canadiennes qualifiées de libérales face à l’homosexualité. Leur éventuelle reconnaissance par le Synode général serait très symbolique et représenterait un affront pour les Eglises épiscopaliennes officielles. Les représentants de l’Eglise anglicane vont également remettre en question la politique de la BBC concernant les émissions religieuses, dénonçant la réduction des programmes sur le sujet et la marginalisation de ceux qui n’ont pas encore été supprimés. (apic/bbc/be)



