Le regard de l’évêque de Troyes sur l’oecuménisme d’aujourd’hui
Semaine de l’Unité des chrétiens (160195)
Troyes, 16janvier(APIC) Mgr Gérard Daucourt, évêque de Troyes et
président de la Commission épiscopale française pour l’Unité des chrétiens,
s’exprime sur l’oecuménisme actuel dans un entretien donné au Service
catholique français de la presse et d’information
(SNOP). A mquelques joursque «La Semaine de prière universelle pour l’unité
des chrétiens»,
qui se déroule chaquue année du 18 au 25 janvier, estime que «ce qui
unit les chrétiens est bien plus fort et plus important que ce qui les
sépare encore. Les obstacles demeurent et ils ne nous permettent pas de
vivre encore dans une pleine communion de foi et d’amour». Mgr Daucourt
fait aussi le point sur l’oecuménisme entre catholiques, protestants et
orthodoxes.
L’évêque de Troyes est d’abord optimiste: «Entre catholiques et protestants, les obstacles sont d’abord doctrinaux. Ils touchent à la nature de
l’Eglise et à son rôle, au ministère du pape des évêques et des prêtres
et par suite, à notre conception des sacrements. Il faut pourtant admettre
que dialogue doctrinal est plus sensible et facile avec la Fédération
luthérienne mondiale par exemple qu’avec l’Alliance réformée mondiale. Il
faut mettre à part la communion anglicane. La commission de dialogue
entre cette Communion et notre Eglise est parvenue à un degré de consensus
sur l’Eucharistie ou le ministère. Cependant la décision anglicane de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes a créé un nouvel obstacle entre
catholiques et orthodoxes d’une part et anglicans d’autre part. A vue humaine, on ne voit pas comment cet obstacle sera surmonté.
Des problèmes d’abord psychologiques avec l’orthodoxie
Avec les orthodoxes, Mgr Daucourt estime qu’il n’est pas sérieux de
prétendre que les problèmes doctrinaux restent graves. La vraie question à
mon avis est de savoir comment vivre et exprimer la communion entre toutes les Eglises locales et les regrouprments d’Eglises comme les patriarcats, tout en tenant compte de la nécessité du ministère universel d’unité
du pape et de l’autonomie de chaque Eglise locale. Il y a surtout des
obstacles psychologiques entre nous. Ils sont le fruit des bessures du
temps des séparations, de siècles de rejet et d’ignorance. Ils sont entretenus dans des mémoires non encore purifiées.
Des obstacles nouveaux ont aussi surgi ces dernières années en Ukraine
et en Roumanie parce des catholiques de rite oriental ont retrouvé leur
liberté et demandent à être pleinemnet reconnus. En Russie aussi parce
que certains catholiques ont considéré ce pays comme une terre de mission
et ont pris des initiatives blessantes pour l’Eglise orthodoxe qui s’y
trouve depuis plus de 1’000 ans. Une espérance est devant nous quand je
vois des milliers de jeunes de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient qui
entrainent leurs pasteurs à vivre l’Evangile ensemble et à servir les
pauvres. C’est ce qui s’est passé au récent rassemblement oecuménique de
Taizé à Paris.
E N C A D R E
Les origines de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens remontent à l’Angleterre du XIXe siècle. En 1857, l’Association pour la promotion de l’unité de la chrétienté rassemble des chrétiens anglicans,
catholiques et orthodoxes qui aspirent à une réunification sous l’autorité
du pape comme garant de l’unité ecclésiale. Après une interdiction de
l’Eglise catholique, le pape Léon XIII, à la fin du siècle dernier, introduit la prière pour l’unité des chrétiens – mais compris surtout alors
comme le retour des autres chrétiens dans le giron de l’Eglise catholique
romaine – et la fixe dans les jours compris entre l’Ascension et la Pentecôte.
Du côté protestant, le Conseil mondial des missions, ancêtre du Conseil oecuménique des Eglises, appelle dès 1920 les croyants à une semaine
de prière pour l’unité des chrétiens qui se situait également dans la période de la Pentecôte.
En France, il faut citer les initiatives de l’abbé Paul Couturier dans
les années 30 qui donnèrent l’impulsion décisive à la Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens.
C’est en 1941 que fut choisie la période du mois de janvier pour la semaine de prière. En 1966, après le Concile VaticanII et la création par le
pape Jean XXIII d’un Secrétariat pour l’unité des chrétiens, la seamine
de prière devint réellement oecuménique. Depuis lors, c’est une commissiom
mixte du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et du Conseil oecuménique des Eglises qui est responsable de l’animation de cette semaine.
(apic/snop/ba)
l’Ascension et la Pentecôte



