Les imams en appellent à un islam plus ferme

Sénégal. Abdoulaye Wade exprime sa neutralisé dans les affaires religieuses du pays

Dakar, 4 août (APIC) Abdoulaye Wade, chef de l’Etat du Sénégal a exprimé sa neutralité dans les affaires religieuses de son pays le 31 juillet lors du Congrès. de l’Association des imams et oulémas du Sénégal (AIOIS) Il a souligné qu’il est à «égale distance de l’islam et du christianisme.» Ces deux religions sont les principales confessions du Sénégal. Nettement moins nuancés, les membres de l’AIOS réclament une application plus stricte de l’islam dans le pays.

Le président Wade présidait le 31 juillet dernier, l’ouverture du Congrès de l’Association des imams et oulémas du Sénégal Il en a profité pour préciser les contours du futur programme d’enseignement religieux à l’école. Celui-ci a été annoncé il y a deux semaines par son ministre de l’éducation nationale, Moustapha Sourang. «Il faut distinguer l’enseignement religieux de l’enseignement coranique», a-t-il dit à ce sujet. Selon lui, l’enseignement religieux doit être accessible à tous. Quant à l’enseignement coranique, il sera dispensé à titre facultatif aux enfants des écoles, du fait que le pays est à dominante musulmane.

Le congrès de l’AIOS est le premier du genre depuis une dizaine d’années. Les quelque 300 dignitaires musulmans du pays qui y ont participé, ont réitéré, à la fin de leurs travaux, leur opposition au port des vêtements indécents par les femmes. Ils ont dénoncé «cette nudité affichée quotidiennement dans les rues». Ils ont aussi condamné l’organisation de spectacles pour l’élection de Miss Sénégal, ainsi que la pratique de l’homosexualité.

Les imams et leaders musulmans sénégalais ont également lancé un appel aux musulmans de leur pays et d’ailleurs, pour le respect des enseignements et des principes islamiques : éducation religieuse, bonnes habitudes et valeurs spirituelles, entre autres. Ils ont estimé que «la dignité d’une nation dépend de sa bonne moralité» et ont demandé à leur Etat de les aider à une meilleure vulgarisation de l’enseignement islamique, à la prédication et à une bonne éducation des enfants, tant dans les foyers qu’à l’école.

Le congrès a aussi déploré le recours systématique à la grève de la faim comme moyen de pression sur l’Etat pour faire aboutir une revendication. A tous ceux qui observe cette action, il leur a rappelé que c’est une forme de suicide bannie par l’islam. Sur un autre plan, les imams et oulémas sénégalais ont considéré la pauvreté comme ennemi de l’homme et la cause de toutes les maladies.

«Redynamiser la censure»

A ce propos, ils ont exhorté l’Etat et les investisseurs à lutter contre ce fléau, en créant des emplois à travers le pays. Concernant les médias, ils ont suggéré la redynamisation des activités de la commission de censure. Cette commission est chargée de visionner tous les films et d’écouter les enregistrements sonores. Elle est en veilleuse depuis très longtemps. Les imams souhaitent aussi la nomination d’un Cadi titulaire et d’un suppléant dans chaque région conformément aux dispositions du code de la famille.

Au plan international ils ont condamné la politique israélienne dans les territoires occupés. A cet égard, ils ont appelé la communauté internationale à oeuvrer pour la paix et la stabilité dans la région, en appliquant les résolutions allant dans le sens d’un Etat palestinien indépendant et les droits inaliénables du peuple palestinien. (apic/ibc/sh)

4 août 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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